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Climat – Environnement

À Guéret, les militants animalistes manifestent contre le projet de poulailler industriel de Moutier-Rozeille

samedi 10 novembre 2018 à 18:19 Par Simon De Faucompret, France Bleu Creuse

Une cinquantaine de passants et de militants animalistes des associations L-PEA et L214 se sont réunis ce samedi 10 novembre à Guéret, place Bonnyaud, pour protester contre le projet de poulailler industriel à Moutier-Rozeille : réunissant 15 000 poules pondeuses, il pourrait voir le jour en 2019.

"Liberté pour tous les animaux, abolition de leur exploitation" ... Les militants de L-PEA et L214 étaient une cinquantaine dans les rues de Guéret, ce samedi 10 novembre.
"Liberté pour tous les animaux, abolition de leur exploitation" ... Les militants de L-PEA et L214 étaient une cinquantaine dans les rues de Guéret, ce samedi 10 novembre. © Radio France - Simon de Faucompret

Guéret, France

Ils sont quelques dizaines à se masser sous les stands de L-PEA ("Lumière sur les pratiques d'élevage et d'abattage") et de L214, à se cacher dans leur capuche ou sous leur parapluie.

Les militants l'avouent, ils se sont d'abord mobilisés dans une visée assez générale : l'abolition de l'élevage et de l'abattage, après la vidéo diffusée quelques jours auparavant par L214 sur l'abattoir bio du Boischaut dans l'Indre.

Mais la manifestation vise surtout le projet de poulailler industriel destiné à s'implanter dans le hameau de Lascaux, sur la commune de Moutier-Rozeille, courant 2019. Un projet qui regrouperait 15 000 poules pondeuses et qui, malgré l'argument de l'élevage en "plein air", reste une catastrophe morale et environnementale pour les associations.

"15 000 poules, c’est 105 000 œufs par semaine à évacuer"

Parmi les manifestants, quelques habitants du hameau de Lascaux, comme Sabine, qui admet avoir pas mal de réticences quant à ce projet industriel. "On craint les odeurs, vu qu'on habiterait à environ 200 mètres du hangar", expose-t-elle. "Sans oublier le va-et-vient des camions sur nos petites routes communales, qui sont très étroites. Forcément, 15 000 poules, c'est 105 000 œufs par semaine a évacuer !

Marche et pétition

Les riverains ont donc lancé une pétition à l'échelle du hameau de Lascaux : tous ont signé. "On l'a fait savoir au porteur de projet, qui nous a ignorés", gronde Sabine. "Si un jour, on veut vendre notre maison, je ne suis pas sûre qu'un tel poulailler à 200 mètres de chez nous, ça va encourager les acheteurs." D'ailleurs, si le projet se concrétise, elle pense sérieusement à déménager.

Le projet entre les mains du maire

Cette manifestation vise à continuer la lutte malgré un coup d'arrêt dans le dossier, expose Aurore Lenoir, présidente de l'association L-PEA. "La préfète de la Creuse s'était engagée en août à faire une enquête publique sur le sujet", rappelle-t-elle. "Elle s'est ravisée moins d'un mois plus tard. On se demande comment un tel revirement est possible." 

Aujourd'hui, le dossier est arrivé entre les mains de Jean-Paul Burjade, maire de Moutier-Rozeille. "C'est quasiment le seul qui peut prendre une décision", révèle Aurore Lenoir. Une décision qui pourrait prendre jusqu'à ... deux ans, avant d'être officialisée. "Nous attendons qu'il entende la voix de ses citoyens, qui sont tous opposés à ce projet", rappelle la militante.

Les manifestants ont fait un tour devant la préfecture de la Creuse et y ont laissé un message symbolique, avant de revenir place Bonnyaud à Guéret. - Radio France
Les manifestants ont fait un tour devant la préfecture de la Creuse et y ont laissé un message symbolique, avant de revenir place Bonnyaud à Guéret. © Radio France - Simon de Faucompret

Néanmoins, certains manifestants ne cachent pas leur frustration, voire leur abattement. "Si je crois qu'on va bouger les choses ? C'est un peu mitigé", concède une manifestante de passage, Bernadette. "Mais je préfère y croire."

Aurore Lenoir précise la marge de manœuvre des associations en cas de feu vert de la part du maire : "On va attaquer le permis de construire, c'est à peu près la seule chose qu'on peut faire contre ce type de projet." Ce qui impliquerait un recours auprès du tribunal administratif de Limoges. Et de toute façon, "les manifestations continuent", prévient-elle : la prochaine a lieu le samedi 1er décembre à 17h, devant l'abattoir du Boischaut, dans l'Indre.