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Climat – Environnement

A la centrale nucléaire de Saint Laurent des Eaux, le périmètre de sécurité sera élargi avant la fin de l'année

jeudi 12 avril 2018 à 7:37 Par Etienne Escuer et Eric Normand, France Bleu Orléans

Alors que se tient depuis mercredi un exercice de sécurité à la centrale nucléaire de Saint Laurent des Eaux (Loir-et-Cher), la préfecture confirme que le PPI (plan particulier d'intervention) passera de 10 à 20 kilomètres autour du site.

La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher).
La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher). © Maxppp - PHOTOPQR/NRCO

Saint-Laurent des Eaux, Saint-Laurent-Nouan, France

C'est une mesure annoncée en avril 2016 par Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement : le périmètre des Plans particuliers d'intervention (PPI) autour des centrales sera élargi de 10 à 20 kilomètres. Mais deux ans après, les modifications géographiques et administratives sont loin d'être abouties. Pour les centrales de Dampierre-en-Burly (Loiret) et Belleville-sur-Loire (Cher), par exemple, aucune date de révision des PPI n'a été fixée pour le moment. C'est d'ailleurs l'un des reproches formulés par les anti-nucléaires : la ministre n'avait pas imposé de date butoir.

Une réflexion bien avancée à Saint-Laurent-des-Eaux

A la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, la réflexion est toutefois déjà bien avancée. L'exercice organisée actuellement permettra de faire évoluer le nouveau PPI, qui sera révisé avant la fin de l'année, affirme la préfecture du Loir-et-Cher. "Le périmètre est élargi suite à l'accident de Fukushima", explique Marie-Frédérique Whitley, directrice de cabinet du préfet. "Il va aussi tenir compte des vents, sachant ensuite que les conséquences radiologiques sont bien moindres au delà de ce périmètre". Pour le moment, 23 communes se trouvent dans le rayon de 10 kilomètres, essentiellement dans le Loir-et-Cher, mais aussi dans le Loiret (Beaugency, par exemple). La nouvelle liste étendue n'a pas encore été dévoilée par la préfecture, mais à moins de 20 kilomètres de la centrale, Meung-sur-Loire, Jouy-le-Potier, ou encore Ligny-le-Ribault pourraient se retrouver dans le périmètre.

Quels sont les changements qu'impliqueront ces nouveaux périmètres ? Cela devrait induire une nouvelle campagne de distribution de comprimés d'iode dans toutes les communes nouvellement concernées. La prise de ces pastilles permet d'éviter la fixation d'iode radioactive sur la thyroïde, principale cause de cancers en cas d'incidents. Selon la préfecture du Loir-et-Cher, des mesures concernant "la consommation de l'eau et des denrées alimentaires" pourront être prises.

Insuffisant selon les associations anti-nucléaire

Autre nouveauté à venir : à l'intérieur de ce périmètre de 20 kilomètres, il y aura un petit périmètre de 5 kilomètres (2 kilomètres auparavant), où la préfecture "aura la possibilité de déclencher une évacuation de manière immédiate", explique Pierre Boquel, chef de la division d'Orléans à l'Agence de sûreté nucléaire (ASN). Selon lui, ces nouveaux périmètres restent avant tout de la théorie. "Pour les PPI, on trace un cercle à 360°, mais dans la gestion d'un accident réel, on tient compte de la direction du vent, de la météo, de l'éventuelle diffusion de polluants."

Les associations dénoncent quant à elles des périmètres encore insuffisants. Si une catastrophe telle que Fukushima arrivait à nouveau, les PPI devraient être effectifs dans un rayon de 100 kilomètres pour pouvoir réellement assurer la sécurité des habitants, estiment de nombreuses ONG et associations comme Sortir du nucléaire. Pour Françoise Pouzet, la représentante dans la région Berry-Giennois-Puisaye, "les leçons de Fukushima et Tchernobyl ont montré que les retombées radioactives, en cas d'accident, se portent au moins à 80 kilomètres. EDF joue sur le fait qu'ils sauront contrôler s'il y a un problème grave." D'autres militants sont mêmes plus critiques sur l'élargissement du périmètre, allant jusqu'à parler "d'enfumage et de communication".