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Climat – Environnement

À La Rochelle, Pélagis autopsie les dauphins échoués

lundi 18 février 2019 à 20:41 Par Thomas Coignac, France Bleu La Rochelle et France Bleu

Environ 600 dauphins se sont échoués sur les côtes françaises depuis le début de l'année. Tous sont traités par l'observatoire Pelagis, unique en France, et basé à La Rochelle. Dans certains cas, des autopsies sont pratiquées, même si la quasi totalité est liée à la pêche.

Pelagis collecte les donnée et les photos des échouages.
Pelagis collecte les donnée et les photos des échouages. © Radio France - Thomas Coignac

La Rochelle, France

À Pelagis, au premier étage de l'Université de La Rochelle, le téléphone n'arrête pas de sonner depuis début janvier. Il faut dire qu'il y a eu 600 échouages de dauphins depuis le début de l'année, et que parfois "il y a 10 coups de fil pour un seul dauphin", sourit Willy Dabin, le responsable du service échouage. Chaque fois qu'un mammifère marin est retrouvé, c'est cet organisme, géré par l'Université de La Rochelle et le CNRS, qui est alerté

Les dauphins sont stockés dans les chambres froides, avant et après les autopsies.  - Radio France
Les dauphins sont stockés dans les chambres froides, avant et après les autopsies. © Radio France - Thomas Coignac

Concrètement, les promeneurs, les pompiers ou les mairies qui trouvent sur leurs plages doivent appeler Pelagis (au 05 46 44 99 10), qui gère alors la situation. Après avoir confirmé l'endroit exact de la découverte, et parfois récupéré quelques photos, Pelagis dépêche alors sur place l'un de ses 450 correspondants, qu'il a partout en France, pour examiner l'animal. Ces bénévoles recherchent alors les causes de la mort, sur l'aspect extérieur de la "victime", et transmettent ces données à Pelagis. Lorsque le dauphin n'est pas trop abîmé, il est alors ramené à La Rochelle pour être autopsié. 

Dans la très grande majorité des cas, la mort est causée par un accident avec un filet de pêche

Stockés dans des chambres froides, les mammifères passent alors sur la table d'autopsie, dans les sous-sols, avec une recherche plus poussée des causes de la mort. Des données qui sont ensuite exploitées par des scientifiques de plusieurs pays. "Dans la très grande majorité des cas, la mort est causée par un accident avec un filet de pêche", explique Willy Dabin. "Les pêcheurs remontent l'animal déjà mort. Et du coup, on retrouve des traces de coupures, faîtes sur le bateau par les pêcheurs, pour le dégager du filet. Ainsi que des traces d'agonie, sur les organes de l'animal". 

Des échouages nombreux depuis trois ans 

Après l'avoir, souvent, dégagé du filet, les pêcheurs rejettent l'animal mort par-dessus bord, parce qu'ils ont interdiction de le ramener. Mais ils signalent l'accident aux autorités. "On n'est pas contre les pêcheurs, poursuit Willy Dabin. Ce sont des accidents, comme lorsque vous prenez votre voiture, et tuez un oiseau. On veut seulement limiter leur nombre." Il faut dire que cette année, le nombre d'échouages est particulièrement élevé. "Comme depuis trois ans, déplore Hélène Peltier, ingénieure à l'observatoire. Les premiers accidents avec les pêcheurs remontent à 1989, mais il s'intensifient depuis trois ans." C'est l'hiver que la très grande majorité des dépouilles sont retrouvées, parce que les vents les ramènent sur les plages de l'Atlantique. "Donc, en été, il y a beaucoup de morts que l'on identifie pas, parce que les dauphins se décomposent en mer". 

Willy Dabin, le responsable du service échouage, devant la table servant aux autopsies. - Radio France
Willy Dabin, le responsable du service échouage, devant la table servant aux autopsies. © Radio France - Thomas Coignac

En tout cas, pour en limiter le nombre, un groupe de travail a été créé, avec les ministères de l'Agriculture, dont dépend la pêche, et de l'Écologie, en utilisant notamment les données de Pelagis. Et des solutions ont été trouvées, notamment avec un pêcherie bretonne, qui utilise de nouvelles techniques pour éloigner les dauphins de ses filets. Des résultats "encourageants", dit Hélène Peltier. Inquiète toutefois. "On estime que si ça continue sur ce rythme, l'espèce ne pourra pas le supporter".