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Climat – Environnement

A Saint-Jean-de-Losne, le premier port fluvial de France étouffe sous les algues

mercredi 4 juillet 2018 à 19:56 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Les algues sont de retour dans les canaux et plans d'eau de la région. Depuis quatre ans, une algue invasive se répand chaque été dans le bassin du port de Saint-Jean-de-Losne / Saint-Usage. Au point d’entraver son bon fonctionnement.

Sous ces nappes vertes en surface, des tiges qui s'enfoncent à 1 m 50 de profondeur
Sous ces nappes vertes en surface, des tiges qui s'enfoncent à 1 m 50 de profondeur © Radio France - Jacky Page

Saint-Jean-de-Losne, France

"L'invasion des algues". Ce n'est pas le titre d'un film de série Z, mais le scénario qui se répète désormais chaque été dans les plans d'eau de la région. Ces algues, qui appartiennent à une espèce invasive venue d'Amérique du Sud, prolifèrent en ce moment dans le bassin du plus grand port fluvial de France à Saint-Jean-de-Losne, qui peut accueillir 600 embarcations.

Au point que les bateaux ne peuvent parfois plus manœuvrer. Béatrice et son mari sont arrivés lundi en provenance de Picardie. Ils ont eu toutes les peines du monde à amener leur bateau à son point d’amarrage : « ça se prend dans l’arbre d’hélice, dans l’hélice, et à un moment donné le bateau ne peut plus bouger, il n’est plus du tout manœuvrable. On a dû finir aux amarres. Heureusement, beaucoup de gens nous ont aidés à tracter le bateau de façon à pouvoir s’amarrer sans esquinter d’autres bateaux ». Les débris d’algues peuvent aussi être aspirés dans le circuit de refroidissement des moteurs et boucher les filtres.   

Cette plaisancière a bien cru ne jamais pouvoir arriver jusqu'au ponton. Les algues enroulées autour de l'hélice empêchaient la manœuvre. - Radio France
Cette plaisancière a bien cru ne jamais pouvoir arriver jusqu'au ponton. Les algues enroulées autour de l'hélice empêchaient la manœuvre. © Radio France - Jacky Page

La clientèle du port a reflué de 25%

Cela fait quatre ans que Max Gérard, co-gérant de la société H2O, qui assure la gestion du port, voit arriver l'invasion des algues avec angoisse. Elles trouvent dans le bassin peu profond (1m 50), des conditions idéales à leur croissance. La faible profondeur et la clarté de l’eau permettent à la lumière d’assurer une bonne photosynthèse. 

Voies Navigables de France devrait faire intervenir une faucardeuse, un bateau équipé pour faucher les algues. Mais pour Max Gérard, ce n’est qu’une solution à court terme, car les morceaux de plantes qui retombent au fond prennent racine, et les algues repoussent. Il estime qu’il vaudrait mieux draguer le bassin pour ôter la couche de vase où les plantes aquatiques s’enracinent.

En attendant une intervention de faucardage, Max Gérard annonce avoir vu sa clientèle reculer de 25%. « Si on est plaisancier et qu’on ne veut pas avoir de soucis avec son bateau, on ne va pas venir au port de Saint-Jean-de-Losne. Il faut régler cette problématique rapidement, si on veut poursuivre le développement touristique de Saint-Jean-de-Losne ».

Des pontons sont vides, rendus inaccessibles par les plantes aquatiques  - Radio France
Des pontons sont vides, rendus inaccessibles par les plantes aquatiques © Radio France - Jacky Page

A Dijon, on attend de pied ferme les algues dans le lac Kir

A Dijon, si les algues sont présentes au port du canal, on n’en voit pas encore dans le lac Kir, où pourtant depuis plusieurs années, chaque été elles se répandaient. La raison de cet heureux mystère ? « Parce que tout simplement la météo de ces derniers moins nous a été favorable », explique Patrice Château, adjoint au maire en charge de l’environnement. 

« Il y a eu des crues [de l'Ouche NDLR] qui ont nettoyé le fond du lac, et pour le moment il n’y a pas d’algues ». Comme dans le port de Saint-Jean-de-Losne, la faible profondeur du plan d’eau est propice au développement des plantes aquatiques. Il est donc probable qu’on assiste dans les prochaines semaines à un fort développement des algues. Mais la ville les attend de pied ferme. Elle s’est équipée l’an dernier d’une faucardeuse, moyennant 100.000 euros.