Climat – Environnement

Fesches-le-Châtel : vaste inventaire des espèces de poissons dans les rivières

Par Rebecca Gil, France Bleu Belfort-Montbéliard samedi 6 août 2016 à 6:50

Une équipe de la fédération de pêche du Doubs effectue une opération de comptage près d'Allenjoie
Une équipe de la fédération de pêche du Doubs effectue une opération de comptage près d'Allenjoie © Radio France - Maëlle Robert

Cela fait plusieurs semaines qu’une équipe de la fédération de pêche du Doubs sillonne les rivières pour compter les poissons. Elle a déjà établi une dizaine de stations éphémères. Ce jeudi, c'est le cours d'eau de l'Allan, qui a été exploré, à hauteur de Fesches-le-Châtel.

Il est 8 heures ce jeudi matin, et l’équipe de la fédération de pêche du Doubs est déjà à pied d’œuvre dans ce pré qui borde l’Allan, à Allenjoie, non loin de Fesches-le-Châtel. Ils sont une dizaine d’hommes à poursuivre la vaste opération d’inventaire de la faune des cours d’eau du département, commencée mi-juillet.

Salopette en caoutchouc imperméable vert foncé, Thomas Poulleau, chargé de développement à la Fédération de pêche, observe ses collègues remonter la dizaine de filets posés la veille. Dans leurs mailles, des gardons, des perches soleil, des ombres, des grémilles, des goujons… "Nous avons posé les filets à différents endroits : sur les galets, près des branchages, ou encore des roseaux, afin de prendre le plus grand nombre d’espèces possible".

Vaste inventaire des espèces de poissons dans les rivières, reportage de Maëlle Robert

"Dans les zones calmes, on préfère pêcher à l'épuisette grâce à la pêche électrique"
— Thomas Poulleau, chargé de développement à la fédération de pêche du Doubs

Les filets sont en fait utilisés en dernier recours. Uniquement lorsque le cours d’eau est trop profond pour pouvoir y pénétrer à pied. "Dans les zones calmes, on préfère pêcher à l’épuisette, grâce à la pêche à l’électricité, poursuit le garde-pêche Thomas Poulleau. Les poissons sont attirés par le pôle positif. Nous pouvons les capturer, les examiner puis les relâcher vivant". Une fois collectés, les poissons sont triés, mesurés puis pesés. Tout est rigoureusement répertorié. Pour les pêcheurs, cet état des lieux de la faune présente dans les rivières de la région constitue une donnée précieuse.

Nouvelles espèces

"On constate déjà que certains poissons, typiques de cette zone, commencent à disparaître, car l’eau se réchauffe. C’est le cas de l’ombre, du chabot, de la loche ou du vairon par exemple. Ils remontent en amont du cours d’eau, indique Christian Rossignon, spécialiste de la qualité des eaux des rivières. A la place, on voit de nouvelles espèces apparaître, comme les brochets ou les gardons".

Le scientifique se réjouit de cette opération menée par la Fédération de pêche du Doubs, qui devrait être complétée par d’autres inventaires en automne. "Cela nous permettra d’avoir des arguments sérieux, sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour avoir plus de poids lors des négociations sur les schémas d’aménagement du territoire ou des rivières".

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