Climat – Environnement

Comment la Loire lutte contre l'ambroisie

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 22 août 2016 à 19:29

Plus de 4 600 signalements d'ambroisie enregistrés en 2015 en Rhône-Alpes, soit le double de l'année précédente.
Plus de 4 600 signalements d'ambroisie enregistrés en 2015 en Rhône-Alpes, soit le double de l'année précédente. © Maxppp - Philippe Trias

C'est de saison : l'ambroisie commence à faire des siennes dans la région. Le risque d'allergie devrait être élevé à partir de la semaine prochaine dans la Loire. Le département ne s'est organisé que tout récemment pour lutter contre la prolifération de cette plante invasive.

Tout ce qu'on peut faire, c'est repérer l'ambroisie et l'arracher. Mais pas n'importe quand, ni n'importe comment. D'où la plateforme de signalement lancée il y a trois ans et la photo de l'ambroisie qui circule le plus possible. Le dispositif se décline même sous la forme d'une appli pour smartphone pour que le GPS donne la localisation la plus précise avec la photo de la plante suspecte. Résultat : plus de 4.600 signalements enregistrés l'an dernier en Rhône-Alpes, soit deux fois plus qu'en 2014.

Seuls 120 référents dans la Loire, destruction dans un cas sur cinq

L'ambroisie s'est aussi plus fait repérer dans la Loire : 98 alertes contre 38. Ensuite, le signalement est transmis à un référent. Théoriquement, il en faudrait un dans chaque commune. Voire deux pour qu'au moins un ne soit pas en congés au moment où il faut agir, au cœur de l'été. Ça n'est pas le cas du tout puisqu'ils ne sont que 120 dans tout le département. Lequel référent s'occupe de coordonner la destruction. Or il n'y a eu arrachage que dans 22% des cas,  c'est le taux le moins important de tout Rhône-Alpes.

Dans la Loire, il existe une stratégie départementale de lutte qui implique les communes depuis 2012. Le centre permanent d'initiative pour l'environnement, le CPIE des Monts du Pilat, basé à Marlhes, a formé 270 personnes, principalement des agents communaux, qui savent ainsi reconnaître et arracher l'ambroisie sans aggraver la situation.

La prochaine stratégie pourrait englober plus d'acteurs, notamment les entreprises comme celles qui gèrent les autoroutes ou les voies ferrées où l'ambroisie se développe particulièrement. Les professionnels de cette lutte attendent aussi beaucoup de l'application de la loi Santé : le texte de Marisol Touraine contient la liste des espèces végétales et animales dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine et définit les mesures susceptibles d’être prises pour prévenir leur apparition ou lutter contre leur prolifération. Le décret d'application pourrait donner plus de pouvoir aux communes pour agir malgré l'opposition ou la négligence du propriétaire des lieux.

Les quantités de pollens de l'ambroisie ont fortement augmenté depuis la mi-août, selon le Réseau national de surveillance aérobiologique dans son dernier bulletin, valable jusqu'au 26 août. Le risque d'allergie est élevé sur Lyon, Valence et Grenoble, modéré pour l'instant dans la Loire  (3/5). Les spécialistes s'attendent à ce que ce risque devienne élevé (4/5) dans la Loire dans le courant de la semaine prochaine.

Les autorités sanitaires estiment qu'au moins 200.000 personnes sont allergiques à l'ambroisie en Rhône-Alpes, dont au moins 20.000 dans la Loire.