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Climat – Environnement

Soutenus par Hulot, les apiculteurs attendent un plan du gouvernement

jeudi 7 juin 2018 à 21:37 Par Viviane Le Guen, France Bleu

La France va lancer un état des lieux national précis des mortalités d'abeilles a annoncé le ministère de l'Agriculture jeudi soir après une mobilisation nationale des apiculteurs. Frappés par des taux de mortalité d'abeilles records cette année, ils accusent les pesticides et réclament des aides.

Sur l'esplanade des Invalides à Paris, des apiculteurs ont rendu un dernier hommage symbolique à leurs essaims qui n'ont pas passé l'hiver.
Sur l'esplanade des Invalides à Paris, des apiculteurs ont rendu un dernier hommage symbolique à leurs essaims qui n'ont pas passé l'hiver. © Maxppp - Thomas Padilla

Le cri d'alarme semble avoir été entendu. La France va lancer un état des lieux national précis des mortalités d'abeilles, a annoncé le ministère de l'Agriculture jeudi, au soir d'une mobilisation nationale des apiculteurs. Touchés par des taux de mortalité d'abeilles exceptionnels cette année, ils ont manifesté dans plusieurs villes de France pour réclamer un plan d'urgence au gouvernement et dénoncer l’utilisation des néonicotinoïdes, ces insecticides "tueurs d'abeilles".

"Les services du ministère de l'Agriculture vont établir un état des lieux précis des mortalités, sur l'ensemble du territoire, via les services déconcentrés de l'Etat" en associant des apiculteurs, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ce recensement permettra "d'expertiser les dispositifs d'accompagnement les plus adaptés" a souligné le ministère, où une délégation d'apiculteurs a été reçue dans la journée par le cabinet du ministre, absent de Paris. Fin 2017, le ministère avait mis en place en Bretagne et dans les Pays de Loire un dispositif permettant aux apiculteurs de déclarer leurs pertes, qui va donc être étendu au niveau national.

Soutenus par Nicolas Hulot

Depuis plusieurs années, les apiculteurs français subissent des pertes moyennes de 30% de leurs cheptels en hiver, selon l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). "Aujourd'hui, on a franchi un cap supplémentaire", avec des taux de mortalité pouvant grimper à 40, 50 voire 80%, a indiqué à l'AFP Gilles Lanio, président de l'Unaf.

Ce jeudi, des professionnels en colère venus d'Ile-de-France, de Bretagne et de Dordogne se sont notamment rassemblés sur l'esplanade des Invalides à Paris autour d'une quinzaine de ruches et de cercueils, pour rendre un dernier hommage symbolique à leurs essaims qui n'ont pas passé l'hiver.

Invité surprise de la manifestation parisienne, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a affiché son soutien aux manifestants. "Je ne veux plus qu'on diffère ces sujets (...). Je veux être votre meilleur médiateur et ambassadeur", a-t-il assuré aux apiculteurs qui appellent directement le président Emmanuel Macron à prendre position contre l'utilisation des néonicotinoïdes.
 

Les néonicotinoïdes dans le viseur des apiculteurs

Ces insecticides utilisés pour enrober des semences s'attaquent au système nerveux des insectes, désorientent et affaiblissent les abeilles et autres pollinisateurs. Avant l'introduction dans les champs des  néonicotinoïdes au milieu des années 1990, les mortalités d'abeilles n'étaient que de l'ordre de 5%, souligne l'Unaf.

La France et l'Union européenne ont commencé à agir contre ces substances. Paris a prévu de les interdire à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. Au niveau européen, trois néonicotinoïdes - clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride - ont vu leur usage limité, avant d'être interdits à toutes les cultures en plein champ et non plus seulement aux cultures sous serre.

Mais il ne s'agit pas de solution miracle, car les néonicotinoïdes persistent dans les eaux et les sols. Et le moratoire européen sur les trois substances a entraîné une plus grosse consommation en France d'une quatrième, le thiaclopride.