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Climat – Environnement

Appel à une journée sans viande : les éleveurs bourguignons dénoncent des amalgames

dimanche 6 janvier 2019 à 18:06 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

500 personnalités françaises ont signé un appel à ne manger ni viande ni poisson chaque lundi en 2019. Pour elles, la production de viande est l'une des activités ayant les conséquences les plus graves pour la planète. Une initiative qui ne plaît guère à nos éleveurs.

Photo d'illustration. Étal de boucherie aux halles dijonnaises
Photo d'illustration. Étal de boucherie aux halles dijonnaises © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Ne plus manger de viande ou de poisson chaque lundi de cette année 2019. C'est la résolution prise par 500 personnalités qui signent un appel pour inviter les Français à faire comme elles. Pour elles, il s'agit pêle-mêle de lutter contre le réchauffement climatique, contre l'impact écologique de l'élevage intensif, et les risques pour la santé liés à une trop grande consommation de viande. Sans oublier le souci du bien-être animal.

Les convictions des signataires

Parmi les signataires, deux universitaires bourguignons, dont Didier Truchot, psychologue qui enseigne à l'université de Bourgogne-Franche-Comté et qui explique son engagement par trois motivations : « la première c’est la sauvegarde de la planète, on sait très bien que pour faire un kilo de viande, il faut énormément de protéines végétales. Il y a aussi le respect de la vie animale quand on regarde la façon par exemple dont sont élevés des porcs hors-sol. Et puis la troisième motivation, c’est la santé. Nous consommons beaucoup trop de viande. En réduire la consommation, c’est positif pour notre santé ».

Et celles des éleveurs

Si chacun peut bien faire comme il veut, lancer un appel à manger moins de viande fait vivement réagir Jean-Pierre Fleury. Cet éleveur de bovins côte-d’orien a présidé la Fédération nationale bovine. Il est aujourd’hui président des producteurs de viande européens. Et l’appel des 500 personnalités le fait bondir : « je suis très interrogatif que Juliette Binoche vienne se poser en donneuse de leçons sur ce que je dois avoir dans mon assiette demain matin. Je pense qu’une césure est en train de se faire entre la ruralité et un urbanisme galopant. Nos fermes sont ouvertes, et nous invitons tous ce petit monde à venir voir la vraie vie d’une exploitation ».

Les partisans de la journée verte sans viande, rappellent que l’élevage dans le monde est responsable de la déforestation et d’une perte de biodiversité. On estime que 14, 5% des émissions de gaz à effet de serre seraient liés aux bovins. Jean-Pierre Fleury affirme que l’élevage en France est au contraire porteur de biodiversité, de paysages, et il réfute la responsabilité des éleveurs français dans le réchauffement climatique. Les 13 millions d’hectares de prairies que compte le pays stockeraient le carbone et compenseraient les deux tiers des émissions de gaz issus de la rumination des animaux. S’il fallait supprimer ces prairies et les mettre en cultures céréalières, les labours dit-il libéreraient le carbone stocké.

Viande et santé

Le 3 janvier, le Forum économique mondial a annoncé que renoncer à la viande de bœuf au profit d’autres sources de protéines pourrait sauver des millions de vies. Jean-Pierre Fleury rappelle que d’autres études ont démontré l’importance de la viande bovine pour permettre à l’organisme d’assimiler le fer dont il a besoin, et aider à lutter contre les carences en fer, notamment des femmes enceintes.

Pour les éleveurs, ceux qui lancent cet appel font des amalgames entre les élevages industriels de certains pays, comme en Amérique du Sud, où la déforestation est massive, et l'élevage français, qui obéit à des normes strictes comme le souligne Michel Joly, président de la Fédération régionale bovine : « on ne peut pas comprendre ce genre d'appel, car il fait l'amalgame de pas mal de choses. On a fait des efforts de traçabilité, de qualité. Des appels comme ça, ça ne fait que casser la dynamique, et focaliser les gens sur d’autres choses que les vraies valeurs que véhicule la viande. Arrêter de consommer de la viande, ça veut dire condamner des territoires entiers ».

Pour lui, on ferait mieux d’empêcher nos dirigeants de signer des accords commerciaux qui autoriseront l’importation de viandes en provenance de pays, où les exigences sont loin d’être les mêmes que celles imposées à nos éleveurs.