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Environnement

Après deux étés de sécheresse en Berry, les maisons se fissurent de plus en plus

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Par , France Bleu Berry

Il y a deux semaines, 128 communes de l'Indre ont obtenu la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour la sécheresse de 2018. Un an plus tard, les dégâts s'aggravent avec le nouvel épisode.

Dans le village de Neuillay-les-Bois, une trentaine de maisons présentent des fissures.
Dans le village de Neuillay-les-Bois, une trentaine de maisons présentent des fissures. © Radio France - Justine Dincher

Neuillay-les-Bois, France

Des plantes qui font la tête, des pelouses brûlées, des rivières à leur plus bas niveau... La sécheresse sévit toujours dans l'Indre et le Cher. Comme 33 autres départements français, le Berry est en situation de "crise", selon le site gouvernemental Propluvia. D'importantes mesures de restrictions d'eau ont été prises par les autorités au mois de juillet dans nos deux départements.

Ce nouvel épisode intervient un an après une grave sécheresse. À l'été 2018, déjà, de nombreuses maisons s'étaient fissurées sous le poids des températures et du manque d'eau. Le 17 juillet dernier, la préfecture de l'Indre publiait un arrêté reconnaissant l'état de catastrophe naturelle pour 128 communes de notre département.

L'étang de Catherine est à sec dans le jardin de sa maison, à Neuillay-les-Bois (Indre). - Radio France
L'étang de Catherine est à sec dans le jardin de sa maison, à Neuillay-les-Bois (Indre). © Radio France - Justine Dincher

Des sols secs qui se déforment

À Neuillay-les-Bois par exemple, 690 habitants, petite commune de la Brenne, le maire a compté "au moins une trentaine de maisons fissurées" suite à la sécheresse de 2018. "Il y a plusieurs maisons où on a du mal à ouvrir les fenêtres, où il y a des grandes fentes, où des terrasses qui se cassent", explique Patrice Boiron. 

D’après le maire de Neuillay les Bois, qui exerce par ailleurs le métier d'expert forestier, ces fissures ont été provoquées par un déficit pluviométrique depuis trois ans, particulièrement exceptionnel l'an dernier. "En 2018, on eu un déficit hydrique de plus de 50% par rapport à une année normale, donc c'est une catastrophe", analyse Patrice Boiron.

Problème : les terrains de sa commune sont composés d'argile "gonflant" "qui retient l'eau l'hiver et qui se rétracte l'été". "Depuis un certain temps, le sol se rétracte en été, mais aussi au printemps, voire même en hiver".

Des maisons qui bougent

Pour preuve des dégâts, la maison de Catherine est littéralement fendue en deux. "On voit le jour de part et d'autre, du sol au toit", décrit cette retraitée désolée. Sur deux étages, une énorme fissure transperce sa maison. Elle a découvert la faille l’an dernier. "J'ai simplement mis du scotch, mais si il pleut, je crains qu'il ne tienne plus... et puis de toute façon, on ne répare pas une maison avec du scotch !"

Entre ces deux murs, on aperçoit le scotch que Catherine a posé à l'intérieur pour éviter les infiltrations. - Radio France
Entre ces deux murs, on aperçoit le scotch que Catherine a posé à l'intérieur pour éviter les infiltrations. © Radio France - Justine Dincher

Depuis un an, les artisans ont défilé chez Catherine, "un charpentier qui a beaucoup travaillé, un vitrier pour remplacer les vitres de ma véranda qui s'étaient déplacées, un couvreur qui a mis du plomb pour que l'eau glisse sur ma maison et ne pénètre pas à l'intérieur. J'ai fait faire de ma poche les travaux urgents, j'espère maintenant que l'assurance pourra prendre en charge le reste".

"Les murs ont bougé", explique Catherine devant une des fissures qu'elle a découvertes l'an dernier. - Radio France
"Les murs ont bougé", explique Catherine devant une des fissures qu'elle a découvertes l'an dernier. © Radio France - Justine Dincher

Des dégâts qui s’accumulent

Mais l’episode de sécheresse que nous traversons en ce moment n'arrange pas les choses. Il y a deux semaines, en faisant le tour de son pavillon construit il y a 10 ans, Mickaël a fait de fâcheuses découvertes : "des fissures tout autour, des trottoirs qui se sont affaissés de trois-quatre centimètres, et le mur que je viens juste de monter est fissuré à une trentaine d'endroits".

La terrasse de Mickaël n'est plus très stable. - Radio France
La terrasse de Mickaël n'est plus très stable. © Radio France - Justine Dincher

Des iris pour sauver les maisons ?

D'après le maire de la commune, certaines maisons, "celles qui ont moins de 30 ans", sont plus touchées que d'autres : "Sous nos pieds, c'est de l'argile (voir un peu plus haut). Plus en profondeur, on trouve le calcaire. Ce qui signifie que lorsqu'on construit, il faut installer des pieux ou des choses plus solides... mais ce sont des installations qui ont un impact financier assez important". 

D'après lui, les anciens ne construisaient pas non plus les longères berrichonnes sur fondation, "mais c'était un autre système." Le maire raconte qu'il n'y avait effectivement pas de gouttières dans ces anciennes maisons, afin que l'eau tombe au pied pour limiter l'impact sur les fondations. 

"On plantait aussi des iris pour garder la fraîcheur au pied du mur et pour capter le surplus d'humidité", se souvient-il. Pour Patrice Boiron, "maintenant, on ne tolère rien : on bitume sa cour parce qu'on ne veut pas de 'bouillasse', on fait un truc qui est propre, mais cela veut dire que notre maison est totalement dans un système fermé..." Jusqu’un jour peut-être, elle s’écroule ? 

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