Climat – Environnement

Arue : l'usine d'aliments pour poissons leur fait vivre un enfer !

Par Emmanuel Grabey, France Bleu Gascogne lundi 17 juillet 2017 à 19:34

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Depuis qu'une usine d'aliments pour poissons d'Arue, près de Roquefort, a ouvert le 1er mars dernier, les habitants du quartier de Nabias vivent un véritable enfer : les odeurs dégagées par le site les obligent à se terrer à l'intérieur. Ils menacent désormais de saisir la justice !

Ils vivent dans un petit paradis : des maisons isolées, distantes de plusieurs centaines de mètres les unes des autres, en plein milieu d'une forêt de pins. Pourtant, depuis quelques mois, les habitants du quartier de Nabias, à Arue, près de Roquefort, vivent un véritable enfer !

En cause : l'ouverture, le 1er mars dernier, d'une usine d'aliments pour poissons, Aqualia. Elle s'est installée à un jet de pierre de la première maison du quartier. Lors de la construction de l'usine, il leur avait été promis qu'aucune nuisance, bruit ou odeur, ne viendrait les embêter. Mais visiblement, ou plutôt olfactivement, il y a eu un raté...

Préfecture, huissiers, DREAL,... les riverains saisissent toutes les instances possibles !

"Ca a commencé dès le premier jour, explique Richard Dumon, chef de file de la contestation , qui vit dans le quartier depuis plus de 30 ans. Ils ont essayé de masquer les odeurs avec des parfums de lessive et de chocolat, mais ça n'a fait qu'empirer les choses. Ils nous promettent de mettre en place un système de destruction de ces odeurs avant qu'elles ne soient rejetées dans l'atmosphère, mais rien ne vient !"

Ce système était prévu dès l'ouverture de l'usine, mais la direction affirme que le modèle choisi, une torche à plasma, n'a pas donné satisfaction aux usines qui l'ont installé par le passé. "Du coup, poursuit Richard Dumon, on est obligé de rester à l'intérieur de nos maisons pendant les heures de production. C'est inadmissible, ça vous fout une vie en l'air !"

Depuis le jour de l'ouverture de l'usine, et l'apparition des nuisances olfactives, les habitants du quartier sont dans les paperasses : ils ont saisi toutes les instances susceptibles de leur donner raison : la préfecture, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, et même un cabinet d'huissiers. Tous ont reconnu que les odeurs devaient cesser, et pour les habitants, il n'est pas question de lâcher l'affaire. "On a acheté la maison en novembre 2016, raconte Stéphane Lebian, un voisin. Si on doit la revendre moins cher, on ne voit pas l'intérêt ! On est venu s'installer ici pour le cadre de vie, l'air pur et la forêt. Si une usine vient nous empoisonner, autant aller vivre à Paris."

Mise en demeure de faire cesser les odeurs au 31 juillet

Certains se demandent même si les rejets n'auraient pas des conséquences sur leur santé : "Je suis asthmatique, explique Renée Barice, habitante du quartier de Nabias depuis plus de 30 ans, et cette année je fais des crises plus aiguës que d'habitude ! Avant je faisais beaucoup de marche dans les alentours, mais j'ai arrêté !"

Même chose pour Geneviève Duthen, une autre voisine : "Cet été, chaque fois que j'ai voulu déjeuner dehors, j'ai du abandonner l'idée à cause de ces odeurs pestilentielles. Et quand je veux aller marcher en forêt avec des amis, on est obligé de changer de parcours..."

La direction de l'usine explique qu'elle devait d'abord analyser les odeurs rejetées pour pouvoir mettre en place un système de neutralisation adapté. Une solution a été trouvée, le dossier est en cours et le système devrait être mis en fonctionnement courant septembre. D'ici là, la préfecture a mis la société Aqualia en demeure de faire cesser les odeurs au 31 juillet. Passée cette date, les riverains envisagent de recourir à la justice.