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Climat – Environnement

Barrage d’Eguzon : le niveau d’eau va être abaissé de 8 mètres à partir de lundi prochain

mercredi 30 août 2017 à 7:50 Par Jonathan Landais, France Bleu Berry et France Bleu Creuse

Le niveau d’eau du barrage d’Eguzon, dans l’Indre, va être abaissé de 8 mètres à partir du lundi 4 septembre dans le cadre de la visite décennale. Explications.

Le barrage d'Eguzon dans l'Indre
Le barrage d'Eguzon dans l'Indre © Maxppp - Photographe : OLIVIER BOITET

Éguzon-Chantôme, France

C’est une phase importante de la visite décennale qui commence lundi prochain 4 septembre au barrage d’Eguzon, dans l’Indre. Après la visite subaquatique réalisée le long de l’édifice par un robot en mai dernier, lundi prochain le barrage va abaisser sa côte de 8 mètres pour permettre aux ingénieurs de procéder à des contrôles visuels sur les parties de l’édifice qui sont les plus sujettes aux intempéries. France Bleu Berry a interrogé Philippe Moreau, le responsable du groupement d’usine EDF d’Eguzon.

Comment on s’y prend pour faire baisser le niveau de l’eau ?

"On turbine l’eau : on fait démarrer nos machines pour pouvoir abaisser le plan d’eau, on fait cela en septembre car à cette époque on a des apports qui sont très faibles et qui nous permettent de pouvoir gérer au mieux l’abaissement du plan d’eau (…) étant donné qu’en septembre les débits sont très faibles, on va mettre à peu près 12 jours pour arriver à la côte minimale d’exploitation (…) on va le voir à l’oeil nu, les pontons ne seront plus en exploitation, c’est une difficulté pour les usagers de l’eau puisqu’il n’y a plus d’accès aux pontons pour accoster les bateaux, on le fait à partir du mois de septembre pour respecter les activités touristiques sur la période estivale qui va du 1er juillet au 31 août".

Pourquoi 8 mètres ? Descendre plus bas mettrait-il en péril l’activité du barrage ?

"Non en fait nous avons une consigne d’exploitation qui nous limite la baisse du plan d’eau, on ne peut descendre que jusqu’à une certaine côte, pour dépasser cette côte il faut être en vidange, seules la DREAL et la Préfecture nous donnent l’autorisation de passer en vidange (…) jusqu’en 1988 les examens techniques complets étaient systématiquement réalisés en vidange, or une vidange c’est très traumatisant pour la vie piscicole et les usagers de l’eau, donc maintenant nous réalisons des visites subaquatiques et nous abaissons simplement le plan d’eau de 8 mètres pour voir les parties les plus sollicitées".

En terme de production d’électricité ça change quoi ?

"Nous ne sommes plus du tout dans le cadre de la production d’électricité, nous allons baisser le plan d’eau sans avoir les mêmes enjeux : initialement le barrage d’Eguzon est là pour placer plutôt l’énergie par les pointes de consommation, là on va faire des programmes qui vont durer sur la journée ou sur plusieurs jours (…) on va produire de électricité mais on va produire de l’électricité de base, on n’aura plus notre enjeu de placement d’énergie".

Quel était le but des visites subaquatiques en mai dernier ?

"Nous avons passé un robot subaquatique sur tout le parement du barrage, le mur en amont où il y a la retenue d’eau, ensuite les services de l’Etat nous demandent d’abaisser le plan d’eau pour voir les parties les plus sollicitées par les intempéries le gel, le dégel, puisque ces parties sont un coup en eau, un coup hors d’eau (…) l’abaissement se fait avec les résultats des premières expertises, il n’y a pas eu de désordres détectés par la visite subaquatique, normalement il n’y aura pas forcément de travaux sur le parement du barrage, nos travaux vont plutôt se concentrer sur nos évacuateurs de crues où l’on a des parties qui sont en génie civil où il faut faire des retouches".

Et pour les contrôles visuels ? Les ingénieurs descendent en barque ?

"Il y a les deux passages : d’abord un passage en barque en fermeture de l’abaissement, on vient contrôler simplement en tapant avec un marteau sur l’enduis pour voir si il y a des cloques ou des décollements du revêtement, ensuite il y a une deuxième expertise avec des cordistes, des gens qui travaillent en hauteur, attachés sur des cordes, ils vont descendre le long des 8 mètres pour expertiser encore mieux le revêtement amont le long du barrage".

Combien de temps va prendre cette expertise ?

"Nous sommes partis sur 4 semaines, c’est à dire jusqu’à fin septembre et à partir de la fin septembre, on commencera à remonter la côte du barrage (…) c'est avec les débits entrants dans la retenue, les débits qui coulent dans la creuse, que l’on va pouvoir re-remplir le barrage : si on a de grosses précipitations on va pouvoir re-remplir assez vite le barrage, si il n’y a pas de précipitations ça prendra plus longtemps".

Quelles sont les conséquences sur la faune et la flore ?

"Il n’y en a aucune puisqu’on ne fait pas de vidange, les poissons vont se concentrer dans les parties les plus profondes du barrage (…) depuis les rives du barrage le public peut accéder sur les berges mais il faut quand même rester vigilant puisqu’on dénoie des parties qui sont en permanence immergées, il va y avoir des phénomènes de vases avec lesquels on pourrait peut-être s’enliser".

Le barrage d’Eguzon en chiffres

  • 8 mètres cela représente 1/3 du volume d’eau contenu dans le barrage
  • Le barrage va ouvrir les vannes pour évacuer 22 millions de m3 d'eau sur les 57 millions que contient habituellement la retenue
  • L’abaissement du niveau d’eau devrait prendre environ 12 jours
  • L’édifice mesure 60 mètres de long
  • Le barrage permet de produire l'équivalent de la consommation quotidienne d'une ville comme Châteauroux