Climat – Environnement

Bassin de Lacq: la Cour des Comptes épingle les pouvoirs publics

France Bleu Béarn jeudi 9 avril 2015 à 20:51

Le rapport tel qu'il est parvenu aux ministres concernés
Le rapport tel qu'il est parvenu aux ministres concernés © Radio France

Dans un rapport rendu public ce jeudi, la Cour des Comptes formule des critiques très sévères sur la façon dont est géré la dépollution du site et la veille environnementale

La Cour des comptes vient de publier un rapport trés sévère sur le bassin de Lacq. Elle pointe des risques sur la sécurité sanitaire et environnementale.

Des risques et des insuffisances à plusieurs niveaux

Dabord dans la gestion du transport des produits dangereux. La capacité de stockage n'est pas "en adéquation" , dit la cour des comptes, avec les besoins. Du coup, ce stockage se fait à bord de véhicules-citernes ou des wagons ce qui n'est pas adaptés à des produits chimiques dangereux.Par ailleurs, il y aurait un problème de surveillance de la pollution. Pas de contrôle des susbstances médicamenteuses dans les stations d'épuration qui récolte l'eau utilisée par les industries. Pas de mesures de la pollution atmosphérique non plus, alors que, selon la cour des comptes, la population locale est exposée à 140 substances différentes.

Ce rapport a été rendu public ce mardi, mais il est en fait parvenu aux ministres à la fin du mois de janvier dernier. Ils ont d'ailleurs répondu à ces critiques.

La réponse des ministres

Sur le risque sanitaire, le ministère de la Santé a repoussé l'idée de mener une étude épidémiologique "pour des raisons de faisabilité et de pertinence" , mais propose des "études locales d'imprégnation à des biomarqueurs d'exposition" , envisageables "au cas par cas" et avec "un financement par les industriels".

Le ministère de l'Écologie juge pour sa part "nécessaire de renforcer les efforts de recherche" pour intégrer "d'autres familles de substances" dans les études et faire évoluer la méthodologie européenne pour "mieux prendre en compte les effets combinés" des substances.

Sur le transport, le ministère de l'Écologie indique envisager "des évolutions réglementaires d'ici 18 mois environ " pour charger des organismes privés d'intervenir sur les lignes ferroviaires privées concernées. Le député socialiste du bassin de Lacq n'a pas souhaité commenter les conclusions sévères de ce rapport.

"Je ne veux pas participer à une exégèse de ce rien" — David Habib, député (PS) du bassin de Lacq