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Climat – Environnement

Biodiversité : la disparition d'espèces animales et végétales s'accélère

mercredi 4 juillet 2018 à 3:33 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Le gouvernement doit dévoiler ce mercredi son plan biodiversité pour tenter d'enrayer le déclin des espaces naturels et des espèces, marqué par une accélération sans précédent.

Moineau domestique.
Moineau domestique. © Maxppp - SIMON LUC

Le lapin de garenne, la bécassine des marais ou encore la grenouille des champs : autant d'espèces que vous ne verrez peut-être bientôt plus dans nos campagnes. Avec près de 10 % des deux millions d'espèces connues dans le monde présentes sur son territoire, la France abritait jusqu'à présent une riche biodiversité. Mais elles sont de plus en plus nombreuses à être menacées, par la perte de leur habitat, les pesticides ou les espèces invasives.

Une espèce sur trois est en danger de disparition en France

Sur les 180.000 espèces recensées en France, plus de 1.500 sont considérées comme menacées au niveau mondial par la liste rouge de l'Union internationale de la conservation de la nature (IUCN). Et les chiffres sont encore plus alarmants sur notre territoire. L'IUCN qui a évalué 6.500 espèces depuis 2007 estime que 26 % d'entre elles sont en danger.

Cela concerne des mammifères, comme le vison d'Europe, le lapin de garenne, le lynx, le loup ou l'ours, mais aussi des oiseaux comme la bécassine des marais ou le martin pêcheur d'Europe, des amphibiens comme la grenouille des champs ou des poissons comme la raie bouclée.

Des données alarmantes corroborées par  l'Observatoire national de la biodiversité (ONB) qui estime qu'en France, près d'une espèce sur trois est en danger de disparition. Seule la moitié des zones humides, ainsi que 43% des eaux de surface et 22% des milieux d'intérêt européen, sont en bon état.

Les oiseaux des campagnes particulièrement menacés

En mars, quatre jours après la sortie d'une étude choc sur les oiseaux, Emmanuel Macron avait posté une vidéo pour l'opération Earth Hour : "Imaginez... Vous n'entendez plus de chant d'oiseaux, vous regardez par la fenêtre et les paysages que vous chérissiez sont desséchés (...) Ce n'est pas une illusion, car nous constatons déjà certains effets", alertait-il, en anglais.

Moins 60% de moineaux friquet depuis 10 ans, un tiers d'alouettes des champs disparues en 15 ans : les oiseaux des campagnes françaises sont victimes d'un déclin "vertigineux" selon le CNRS et le Muséum d'histoire naturelle. Et le phénomène s'est encore intensifié depuis deux ans pour atteindre "un niveau proche de la catastrophe écologique".

Les cinq axes du plan Hulot

Pollutions, surexploitation des ressources, destruction des milieux naturels : les causes sont connues. Selon l'ONB, l'usage de pesticides a notamment augmenté de 18 % entre la période 2009-2011 et la période 2013-2015.

Par ailleurs, entre 2006 et 2015, la métropole a perdu près de 600.000 hectares de terres agricoles et d'espaces naturels, soit l'équivalent d'un département comme la Seine-et-Marne, remplacés principalement par des surfaces goudronnées.

Pour "que notre pays" cesse de "détruire la nature", le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé en mai un plan en "cinq axes" dont il doit préciser les contours ce mercredi. Parmi les pistes évoquées : la lutte contre l'artificialisation des sols, la protection des espèces, la création de parcs nationaux (entre cinq et dix).

"Nous jugerons ce plan par ses mesures concrètes", a déjà prévenu Sandrine Bélier, directrice d'Humanité et Biodiversité. Comme d'autres avocats de la nature, elle attend que ce plan soit traduit "dès la loi de finances 2019".