Climat – Environnement

Bourges : la FDSEA vent debout contre Ségolène

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mardi 18 octobre 2016 à 16:19

Les agriculteurs ont symboliquement déversé de la terre sur une voie de circulation du rond point
Les agriculteurs ont symboliquement déversé de la terre sur une voie de circulation du rond point © Radio France - Michel Benoit

Les agriculteurs remontés comme jamais contre Ségolène Royal et son idée d'élargir les zones de non traitement afin de diminuer l'usage des pesticides. Le ministère veut enrayer l'augmentation des ventes de phytos alors que les agriculteurs s'étaient engagés à réduire leur utilisation.

La FDSEA du Cher et les JA (jeunes agriculteurs) dénoncent une mesure trop radicale qui risque de mettre en péril les exploitations.Dans le département du Cher, les syndicats ont calculé que 65.000 hectares de surface agricole pourraient disparaitre. Un manque à gagner énorme pour la profession. Une quinzaine d'agriculteurs ont investi un rond point mardi matin, près de l'échangeur de l'A71 à Bourges. Ils ont déversé quelques tonnes de terres sur une voie de circulation du rond point. Une route moins large pour symboliser des champs moins grands. La nouvelle réglementation imposerait de ne plus traiter sur 20 mètres autour des bosquets, des fossés, ou de toute zone pouvant abriter la faune et la flore. Selon la FDSEA, chaque ferme perdrait de 10 à 25 % de sa surface cultivable. Denis Jamet exploite 250 hectares à Soye en Septaine, près de Bourges. Il a préservé pas mal de haies et de bosquets et s'estime aujourd'hui pénalisé.

La ministre de l'environnement, Ségolène Royal, bouc émissaire des agriculteurs - Radio France
La ministre de l'environnement, Ségolène Royal, bouc émissaire des agriculteurs © Radio France - Michel Benoit

Le plan Eco Phyto, lancé en 2008 prévoyait de réduire de moitié l'utilisation des pesticides en 2018. Or, les ventes continuent de progresser chaque année. Pour le président de la FDSEA du Cher, si les ventes augmentent, l'impact de ces produits chimiques sur l'environnement diminue. Les chiffres du ministère indiquent une baisse de 7% des molécules chimiques dans l'eau. Mais c'est loin d'être suffisant. Les pesticides sont de plus en plus présents dans l'air. La viticulture et l'arboriculture seraient également largement impactées par ces zones de non traitement. La FDSEA rappelle qu'elles repésentent à elles seules 5.000 emplois dans le Cher.

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