Climat – Environnement

Bourges : les jardiniers du quartier de Mazières ne peuvent plus manger leurs légumes

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mardi 6 septembre 2016 à 19:42

Les jardins potagers du chemin de lice
Les jardins potagers du chemin de lice © Radio France - Michel Benoit

Conséquence inattendue des inondations en juin à Bourges : la mairie recommande aux jardiniers du quartier de Mazières dont les lopins de terre ont été recouverts par la crue de la Rampaine, de ne pas consommer leurs légumes. Principe de précaution, précise la mairie.

Dans les jours qui ont suivi l'inondation, les riverains du chemin de Lice ont senti de fortes odeurs d'hydrocarbures (sans doute dues au lessivage des routes et des parkings). La mairie de Bourges a donc proposé de réaliser des carottages pour analyser les sols dans ce secteur.

Ces salades contiennent-elles des métaux lourds ? - Radio France
Ces salades contiennent-elles des métaux lourds ? © Radio France - Michel Benoit

Huit carottages en zone inondée et un au sec. Neuf carottages qui mettent tous en évidence la présence entre autres de pyrène, de fluoranthène, ce sont des hydrocarbures lourds, mais aussi des métaux lourds : cadmium, plomb, cuivre, zinc, mercure et bien d'autres. Les taux sont assez importants, précise Jennifer Da Silva, adjointe au maire de Bourges chargée de l'environnement. Il est donc recommandé de ne pas manger les légumes produits sur ces terrains.

La rampaine avait débordé suite à la crue du lac du val d'Auron - Radio France
La rampaine avait débordé suite à la crue du lac du val d'Auron © Radio France - Michel Benoit

Deux-cents familles sont concernées et vont recevoir une lettre de mise en garde de la mairie. Pas de panique, cependant. Il s'agit du principe de précaution dans l'attente d'analyses plus poussées qui indiqueront s'il y a un risque réel à manger les légumes produits sur ces parcelles. Un retraité cueillait hier des haricots et n'est pas vraiment surpris par ces résultats. "Ici, avant c'était une décharge" explique t-il. "On y a jeté de tout".

Ces hydrocarbures lourds et ces métaux lourds résultent en effet, d'après ces analyses d'une pollution antérieure aux inondations. Peut-être consécutives aux produits phytosanitaires utilisés il y a des décennies ou à l'activité industrielle. En tout cas, ce retraité n'a pas l'intention de renoncer à manger sa production. Il cultive ce lopin depuis près de trente ans et ne se sent pas vraiment malade. Il ajoute, un peu dépité "qu'on fasse des analyses dans les marais de Bourges, et là aussi, on aurait des surprises !"

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