Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Environnement

Brocantes et vides-greniers : attention aux objets interdits !

-
Par , France Bleu Auxerre

Le 43e Bricabrac de Mézilles, ce weekend est un rendez-vous incontournable pour les chineurs. Mais attention aux objets interdits : pièces en ivoire, peaux de félins... les vendre ou les acheter sans documents officiels peut coûter cher : jusqu'à 150 000 euros d'amende et 2 ans de prison.

Statuettes en ivoire, bijoux... de nombreux objets sont saisis sur les brocantes chaque année. Photo d'illustration
Statuettes en ivoire, bijoux... de nombreux objets sont saisis sur les brocantes chaque année. Photo d'illustration © Maxppp - Yves Salavat

Mézilles, France

C'est l'un des rendez-vous incontournables de l'été pour les chineurs : le 43e Bricabrac de Mézilles ouvre officiellement ses portes samedi matin à 8h, même si les premiers exposants et les clients les plus motivés arrivent dès le vendredi soir. 

En tout cas, les organisateurs attendent plusieurs centaines d'exposants venus de toute la France et des milliers de visiteurs. Les ventes se poursuivront jusqu'à dimanche soir dans une ambiance festive et conviviale. C'est l'occasion de se faire plaisir, de trouver la pièce qui manque à une collection (de timbres ou de cartes postales...), le disque vinyle qui fera plaisir à papa, le petit bibelot qui fera le bonheur de maman (ou inversement). Mais attention ! Dans ce genre de brocantes, on tombe parfois sur des objets "interdits" : des ossements, des bibelots en ivoire, des peaux de bêtes ou encore des sacs en crocodile...    

Les puces d'Aillant sur Tholon - Maxppp
Les puces d'Aillant sur Tholon © Maxppp - Olivier Boitet

Guillaume Saingery, inspecteur à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage dans l'Yonne et ses collègues tombent régulièrement sur ces pièces spéciales dans des vides-greniers : "Ce qu'on trouve le plus, ce sont des objets issus d'éléphants , donc en ivoire. On trouve parfois un animal entier naturalisé, ou des parties d'animaux, comme des rostres de poisson scie, des peaux de léopard ou de python... Ces pièces ne devraient se trouver sur des vides-greniers sans justificatifs", explique l'agent.

Un certificat d'expertise est obligatoire

Car si on a tout a fait le droit de posséder ces objets issus d'animaux protégés, on ne peut pas les vendre tels quels. Pour vendre un bracelet en ivoire, une carapace de tortue marine, des peaux de félins ou des jolies plumes de perroquet, il faut que le vendeur prouve, par un document officiel, que l'objet date d'avant 1975  : c'est à dire d'avant l'entrée en vigueur de la convention de Washington sur le commerce international des espèces (en anglais : Convention on International Trade of Endangered Species, CITES).

Ce texte, qui regroupe 5800 animaux protégés, a été ratifié par la France en 1978. Si l'objet mis en vente a été acquis avant cette convention, on estime qu'il ne relève pas de la contrebande, mais encore faut-il le prouver, à travers une expertise officielle. "Le vendeur doit faire la démarche lui-même, avec un certificat d'expertise de l'objet et un numéro d'enregistrement qui suit l'objet au moment de la transaction", précise Guillaume Saingery.

Jusqu'à 150 000 euros d'amende et 2 ans de prison

Cette démarche est coûteuse et de nombreux vendeurs tentent de l'éviter. D'autres ignorent tout simplement la nature des objets qu'ils vendent et qu'ils ont parfois retrouvés dans un grenier. 

Quoi qu'il en soit, ça peut vous causer de gros ennuis : vendre ou acheter des produits issus d'animaux protégés est un délit qui relève du tribunal correctionnel. Les peines peuvent aller jusqu'à 150 000 euros d'amende et deux ans de prison.

Attention aussi aux animaux ou parties d'animaux protégés sur le territoire national (bouquetin, loutre ou castor... on en compte un millier). Quand aux objets en ivoire, ils relèvent à la fois de la convention de Washington et d'un arrêté français de 2016. 

Le commerce des espèces animales est toujours la deuxième cause de disparition des espèces, (après la destruction de leur habitat).

Des pièges interdits

Au-delà des animaux ou parties d'animaux, on trouve aussi régulièrement dans les vides-greniers des objets de chasse prohibés, en particulier des pièges. "On retrouve notamment des pièges à mâchoires tuants, qui ont été interdits dans les années 60, 70. On en retrouve assez souvent puisque des gens rachètent des maisons, vident les granges et on retrouve donc ce genre de pièges sur le marché", explique Guillaume Saingery, inspecteur à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage dans l'Yonne.

Il y a aussi parfois sur les étals des brocanteurs des pièges appelés "pièges à feu", eux aussi totalement interdits. "C'est un piège qui, avant, était placé sur un passage de gibier. Avec une cartouche à l'intérieur et un déclencheur par câble invisible. Quand l'animal passait sur la câble, ça déclenchait le piège qui tirait sur l'animal. Etant donné que ce n'est pas sélectif et relativement dangereux pour l'homme, il a été interdit très rapidement", ajoute l'inspecteur. 

L'an dernier au Bricabrac de Mézilles, les forces de l'ordre ont saisi une cinquantaine d'objets interdits.