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Climat – Environnement DOSSIER : Le centre d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure dans la Meuse

Déchets nucléaires à Bure : 20 ans de projet et de contestation

jeudi 22 février 2018 à 11:57 Par Blandine Costentin, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu

Initié dans les années 90, le centre de stockage de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse ne verrait pas le jour avant 2025. La contestation a commencé localement dès le début du projet, avant de prendre de l'ampleur en 2016.

 Le projet de stocker des déchets nucléaires dans le sous-sol de Bure est contesté dès le début dans les années 90.
Le projet de stocker des déchets nucléaires dans le sous-sol de Bure est contesté dès le début dans les années 90. © Radio France - Angeline Demuynck

Bure, France

C'est à la lumière du dossier Notre-Dame-des-Landes, de sa ZAD et de son évacuation, que le projet de stockage de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse s'est révélé au grand public, au-delà des territoires concernés. Alors que le gouvernement a lancé jeudi 22 février l'évacuation du terrain occupé par des opposants, coup de projecteur sur le projet et sa contestation.

Un projet sensible et à très long terme

A Bure, il s'agit d'entreposer à 500 m sous terre des déchets nucléaires ultimes, vitrifiés et enfermés dans des cylindres de stockage. En 1998, Bure, site au sous-sol argileux, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne est retenu. A l'époque, on parle d'un début de stockage en 2006... En réalité, ce sera bien plus long.

Actuellement, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) exploite un laboratoire qui teste, grandeur nature, les conditions de stockage. Le dossier est suivi par l'ASN. C'est ainsi qu'en janvier 2018, l'Autorité de sûreté nucléaire a distribué ses bons et des mauvais points. Elle a jugé le projet Cigeo d'"une maturité technique satisfaisante" dans son ensemble. En revanche, elle a demandé à l'Andra de revoir sa copie sur une partie des déchets, des boues radioactives très inflammables.

Bure : comment ça marche. - Visactu
Bure : comment ça marche. © Visactu

Le calendrier prévoit qu'en 2019, l'Andra dépose la demande d'autorisation de création du centre de stockage. Si le décret d'autorisation est publié, les travaux de construction commenceraient en 2022.

Une contestation ancienne qui s'est renforcée

Dès 1998, des centaines de manifestants se retrouvent à Bure pour dénoncer l'enfouissement des déchets nucléaires, un danger pour les générations futures. Leurs slogans : "Non à la poubelle nucléaire" ou "Ni ici, ni ailleurs". Alors que de nombreux élus locaux sont favorables au projet, synonyme pour eux de retombées économiques, d'autres dénoncent une politique de subventions auprès des municipalités qui les rendrait dépendants des mannes de l'Etat. Une Maison de la résistance s'installe au coeur du village de Bure en 2006. 

En juin 2016, la contestation prend une nouvelle forme avec l'installation d'un campement de fortune au bois Lejuc, à Mandres-en-Barrois, sur un terrain récemment acquis par l'Andra. Le but des anti-nucléaires : empêcher le début des travaux sur le site. Ils reçoivent le soutien de certains habitants du secteur, comme un agriculteur qui leur avait prêté du matériel. C'est le début d'une guérilla juridique : la justice demande aux occupants de quitter les lieux, mais elle annule aussi la cession du terrain à l'Agence de gestion des déchets. 

C'est le début aussi d'une période de tensions avec des dégradations, des affrontements avec les forces de l'ordre, comme en août 2017. En janvier 2018, l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes laissait penser que les zadistes de l'ouest pouvaient se déplacer à l'est.