Climat – Environnement

Canicule : bientôt des végétaux sur nos murs pour rafraîchir nos villes ?

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne mardi 23 août 2016 à 18:25

Une réalisation de la société Tracer à Amiens, dans les Hauts de France
Une réalisation de la société Tracer à Amiens, dans les Hauts de France - Tracer

C'est peut-être la climatisation de demain : la technique consistant à végétaliser nos murs et nos toits commence à se développer, même si elle n'en est qu'à ses balbutiements. En cette période de grosse chaleur, France Bleu Bourgogne a visité l'usine d'un fabricant dijonnais de murs végétaux.

La technique en est encore à ces débuts en France, mais les exemples commencent à se multiplier : la piscine olympique de Dijon, le Cèdre à Chenôve, ou encore la salle des fêtes de Quetigny. Toutes ces structures sont équipées d'un toit végétalisé. Alors comment ça marche et à quel point ces murs et ces toits de végétaux peuvent-ils nous rafraîchir la vie ? Réponse chez Tracer Environnement, au nord de Dijon.

Des panières en métal pour accueillir la terre et les plantes

Fondée en 1989, la société Tracer a d'abord construit son activité sur les produits horticoles, avant de se spécialiser dans les murs et façades végétalisées à partir de 2006. A notre arrivée, la responsable marketing Géraldine Choppin de Janvry décrit ce qui constitue la base de l'activité de la société depuis 10 ans : "on a ces panières, des panières en métal, qui sont créées, pliées, et soudées ici."  Ce sont elles qui accueillent la terre et les plantes avant d'être installées sur les façades des bâtiments : "On met un feutre tout autour, on fabrique notre propre substrat, c'est-à-dire notre terre, essentielle pour les plantes, et pour que ce soit pérenne. Il ne faut pas mettre un mur pour un an ! Nous on a des murs qui ont huit ans, et on n'a jamais mis une goutte d'engrais. En revanche l'arrosage est primordial."

Une réalisation de la société Tracer à Bordeaux - Aucun(e)
Une réalisation de la société Tracer à Bordeaux - Tracer

Un arrosage au goutte à goutte entièrement automatisé et contrôlable à distance par les services de Tracer, promet-on du côté de l'entreprise.

Deux à trois degrés en moins dans nos villes 

Et cette technique est durable à plus d'un titre, puisque ces murs humides apportent aussi de la biodiversité, et permettent surtout une régulation thermique dans les quartiers les plus exposés à la chaleur, ceux que l'on appelle les îlots de chaleur. François-Xavier Jacquinet, le directeur général de Tracer :

"Le fait d'avoir un substrat complètement humide, ça nous permet de stopper complètement la pénétration de la chaleur. Un exemple : si vous êtes sous un parasol ou sous un arbre, sous lequel vous avez le moins de chaleur ? Sous l'arbre, évidemment. C'est la nature qui fait son travail, et le mur végétal reproduit ce travail sur la façade des bâtiments." Une simple déduction permet donc d'affirmer qu'à grande échelle, ces murs et façades de végétaux pourraient faire baisser la température dans nos villes de plusieurs degrés, un peu comme le ferait un forêt, ce que confirme Géraldine Choppin de Janvry : "plusieurs études montrent en effet qu'on peut perdre deux à trois degrés grâce à cette végétalisation."

Les murs et toits végétalisés, ce serait donc la climatisation du futur... reste tout de même à convaincre les agglomérations françaises, toujours assez réticentes devant les prix affichés, entre 500 et 1.000 euros du mètre carré.