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Climat – Environnement

CARTE - Ce qui est prévu près de chez vous en cas d’accident nucléaire

mercredi 25 mai 2016 à 5:00 - Mis à jour le mercredi 25 mai 2016 à 15:46 Par Virginie Salanson, Bénédicte Courret et Julie Guesdon, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Cotentin, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Gironde, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Nord, France Bleu Saint-Étienne Loire, France Bleu Occitanie et France Bleu

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, Ségolène Royal annonçait en avril dernier qu'elle comptait doubler le périmètre de protection autour des centrales nucléaires. Êtes-vous concernés par ces nouveaux Plans Particuliers d’Intervention ? En quoi consistent-ils ? France Bleu vous dit tout.

Le site nucléaire du Tricastin,dans la Drôme, l'un des plus important de France.
Le site nucléaire du Tricastin,dans la Drôme, l'un des plus important de France. © Maxppp -

En cas d’accident nucléaire grave, la France n’est pas prête. Trente ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, de nombreuses associations dressent ce constat : la France n'a pas tiré les leçons de ce drame. Au premier rang des critiques, l'étendue insuffisante des Plans Particuliers d'Intervention (PPI). Avant la présentation aux parlementaires ce mercredi du rapport annuel de l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur l'état des centrales en France, explications.

Qu'est-ce qu'un "PPI"? 

Un PPI est un "Plan Particulier d'Intervention". C'est le document de référence en cas d'alerte. Il vise à protéger la population, notamment en cas d'accident nucléaire grave et de rejet de matières radioactives. Élaborés et déclenchés par les préfets, ces PPI organisent l'information de la population, la mobilisation des hôpitaux et une éventuelle évacuation des habitants. Pour les particuliers, ce document, que vous devez avoir chez vous si vous habitez à côté d'une centrale nucléaire, vous indique quelle radio ou télévision écouter, quand prendre des comprimés d'iode, quels sont les points de rassemblement ou les réflexes de confinement à avoir. (Retrouvez la liste complètes des PPI en bas de cet article).

À l'heure actuelle, ces PPI touchent uniquement la population qui vit dans les 10 kilomètres autour de chacune des 19 centrales nucléaires françaises. Cette limite de 10 kilomètres est très critiquée par les associations comme "Greenpeace" ou "Sortir Du nucléaire" qui les qualifient, au mieux, "d'insuffisants".

Or, le jour de la commémoration des trente ans de Tchernobyl, le 26 avril dernier, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé que le périmètre des plans particuliers d'intervention (PPI) autour des centrales nucléaires serait élargi de 10 à 20 kilomètres. Dans la carte ci-dessous, on constate (en bleu et bleu foncé) les modifications géographiques et administratives que cette proposition entraînerait.

CARTE - Qui est protégé par ces nouveaux PPI ?

(Cliquez sur le lien ci-dessous et zoomez pour naviguer dans la carte de France)

Élargir les PPI, jusqu'où ?

L'annonce de Ségolène Royal a été fraîchement accueillie par les ONG, déjà parce qu'aucune date de mise en œuvre n'a été annoncée. Ensuite parce que "les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima (...) ont pourtant montré que les conséquences d’un accident nucléaire s’étendaient bien au-delà (de 20 km NDLR)" assure l'association Sortir du Nucléaire. Cette extension est "purement et simplement de la poudre aux yeux" a renchéri Greenpeace, qui rappelle que "l’impact radiologique de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de 300 km".

De la poudre aux yeux (Greenpeace)

Dans la carte ci-dessus, (en vert), on peut constater le nombre de communes qui seraient concernées en France si une catastrophe telle que Fukushima arrivait. Les plans particuliers d'intervention devraient être effectifs dans un rayon de 100 km pour pouvoir réellement assurer la sécurité des habitants. Pour ce qui est d'un"Tchernobyl à la Française", la réalité devient plus glaçante si l'on en croit la carte ci-dessous. En Ukraine, en 1986, les zones impactées ont été de 300 km autour de la centrale nucléaire. En France, cela donnerait, pour une seule des 19 centrales, un quart du pays impacté en moyenne (en rouge sur la carte).

CARTE - Qui serait touché, en France, d'après l'expérience de Tchernobyl ?

(Cliquez sur le lien ci-dessous et zoomez pour naviguer dans la carte de France)

Une nouvelle campagne de distribution d'iode ?

Par ailleurs, si les PPI sont réellement étendus à 20 km (ou à 100 km comme les demandent les ONG), la question de la mise en œuvre concrète de ces PPI se pose cruellement. À l'heure actuelle, avec des PPI de 10 km, 500 communes françaises sont concernées, soit 500.000 foyers et établissements accueillant du public. Qui dit PPI de 20 km, dira donc élargissement des exercices de la protection civile, mise en place de nouveaux moyens d'alerte de la population et diffusion à une plus large population de toutes les consignes.

Cela devrait par ailleurs induire une nouvelle campagne de distribution de comprimés d'iode dans toutes les communes nouvellement concernées. En cas d'accident nucléaire, la prise d'iode stable sous forme de comprimés permet en effet d'éviter la fixation d'iode radioactive sur la thyroïde. Or cette fixation est la cause principale de cancers dans le cas d'une contamination, en particulier chez les enfants et les jeunes.

Les dix-neuf PPI en vigueur aujourd'hui en France 

Pour aller plus loin

VIDÉO - Tchernobyl 30 ans après, "la France n'est pas prête en cas d'accident nucléaire grave"

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