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Climat – Environnement

Changement climatique : "On ne va pas faire la révolution, les gens ont besoin d'objectifs précis"

mardi 11 septembre 2018 à 17:12 Par Thibaut Lehut, France Bleu

Le week-end dernier en France, plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées de manière inédite pour le climat. Est-ce le début d'une ère nouvelle dans la lutte pour défendre l'environnement ? Les mouvements citoyens sont-ils en train de prendre la main ? Réponses avec le sociologue Jean Viard.

Le sociologue Jean Viard, en janvier 2017.
Le sociologue Jean Viard, en janvier 2017. © Maxppp -

Les marches pour le climat organisées samedi à Paris et à travers l'Hexagone, suite à un appel citoyen lancé après la démission de l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, ont entraîné une mobilisation jamais vue en matière de défense de l'environnement. Les organisateurs ont revendiqué plus de 100.000 manifestants. Dans la presse, les tribunes appelant à un sursaut se multiplient par ailleurs et sont signées par des personnalités issues de la société civile. 

Est-ce le signe qu'une nouvelle ère s'ouvre dans l'histoire de la lutte pour l'écologie ? Assiste-t-on à une prise en main citoyenne de cet enjeu de société ? Nous avons interrogé Jean Viard, sociologue spécialiste en aménagement du territoire, notamment.

Les manifestants de ce week-end, ce sont finalement les troupes dont Nicolas Hulot déplorait l'absence au moment de son départ...

Nicolas Hulot a fonctionné comme un lanceur d'alerte. En partant, il s'est publiquement interrogé sur le manque de soutien dont il a pâti, et c'est vrai que beaucoup de mouvements écologistes lui ont tiré dessus. Des milliers de personnes ont eu envie de lui dire "nous aussi on a envie de se battre pour l'écologie". Faut-il encore savoir sur quoi et de manière claire.

Ce type de mobilisation montre-t-il qu'il y a une large prise de conscience des enjeux climatiques ?

Entre la crise pétrolière de 1974 - où l'on a commencé à comprendre ces problèmes écologiques - et aujourd'hui, la société a compris qu'il y avait un énorme souci lié à la survie, à l'évolution. La preuve, c'est que 85% des gens pensent qu'Emmanuel Macron ne fait pas assez pour l'écologie. La bataille culturelle est en grande partie gagnée. La vraie question qui se pose désormais est : que fait-on ?

Les gens ont besoin d'objectifs ?

En politique, les élus sont là pour cinq ans (la durée d'un mandat pour le président de la République et les députés, NDLR) et doivent dire aux électeurs "Voilà, je fais ça avant de partir, et éventuellement vous me réélisez". C'est bien d'avoir une vision de long terme, mais on ne va pas faire la révolution et sortir du capitalisme : les gens veulent des objectifs réalisables, précis, car chacun est un acteur. L'individu est responsable via le tri, le renoncement au diesel, l'isolation des logements, etc. Cette autogestion doit s'articuler avec des lois, des règles, des normes qui soient appliquées.