Climat – Environnement

Chantier de l’élargissement de l’A9 : une fleur fait reculer les bulldozers

Par François David, France Bleu Roussillon mardi 17 mars 2015 à 9:10

Il existe près de 2 300 espèces d'euphorbes.
Il existe près de 2 300 espèces d'euphorbes. © Jean Tosti / CC BY-SA 3.0

La découverte d’une fleur protégée sur le chantier d’élargissement de l’autoroute A9 (entre Perpignan et La Perthus) oblige les ASF à des mesures de compensations.

L'euphorbe de Terracine : vous n'avez sans doute jamais entendu parler de cette petite fleur des champs. Avec sa tige verte et ses petites fleurs jaunes, elle n’est pas particulièrement jolie. Et pourtant, elle est actuellement au centre de toutes les attentions sur le chantier d'élargissement de l'autoroute A9 entre Perpignan et le Perthus.

Cette fleur protégée a été repérée sur les lieux du chantier. « Cette espèce rare est en très forte régression  » explique Emelyne Aupy, botaniste à l’association Les Ecologistes de l’Auzières, qui a été missionnée pour recenser la population sur la zone de chantier.

Fleur autoroute - son

Au total, ce sont 135 euphorbes de Terracine qu'il va falloir détruire pour élargir l'autoroute. La préfecture des Pyrénées-Orientales vient de donner son accord dans un arrêté. Mais comme l’espèce est protégée (inscrite sur le livre rouge de la flore de France), la loi exige des compensations . Les Autoroutes du Sud de la France s’engagent donc à replanter ailleurs.

Des compensations qui coûtent cher

Le Conservatoire botanique méditerranéen a été chargé de récolter des graines , l'automne dernier, sur le bord de l'autoroute. « Les graines ont été expédiées à Porquerolles, dans le Var, pour être étudiées  » explique James Molina, du conservatoire. Les euphorbes seront replantées à Tresserre, sur un terrain de 2,5 hectares acheté par les ASF, et qui sera géré le Conservatoire des espèces naturelles.

Par ailleurs, une centaine d'autres pieds d’euphorbes ont également été recensés à proximité du chantier, les ASF s'engagent à les protéger avec des barrières, pour éviter qu'elles ne soient écrasées par les pelleteuses et les bulldozers.

Ce genre de procédure coûte cher , l'agglomération de Perpignan peut en témoigner. Elle a rencontré exactement la même mésaventure, avec la même fleur, en 2005, lors de l'aménagement du pôle nautique  de Canet. Les mesures de compensation avaient coûté deux millions d'euros.

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