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Climat – Environnement

Chemin de croix près de la décharge de Castries pour dénoncer "une catastrophe écologique"

dimanche 6 mai 2018 à 7:41 Par Marion Bargiacchi, France Bleu Hérault

Ce samedi 5 mai, une centaine de militants écologistes et de riverains de la décharge de Castries se sont retrouvés sur le site pour une marche. Une marche en forme de chemin de croix pour dénoncer l'urgence écologique et l'inaction des politiques en matière de gestion de déchets.

La décharge de Castries reçoit 83 000 tonnes de déchats par an.
La décharge de Castries reçoit 83 000 tonnes de déchats par an. © Radio France - Marion Bargiacchi

Castries, France

La fermeture de la décharge de Castries dans un an ? Même si la métropole le promet, les militants écologistes n'y croient pas.  Une centaine d'entre eux s'est réunie ce samedi 5 mai au matin devant ce centre d'enfouissement des déchets dits "ultimes". Des déchets qu'on ne peut plus incinérer ou traiter ailleurs : 83 000 tonnes par an.

Pour marquer les douze mois avant la fermeture annoncée du site, les militants ont organisé une marche sur un sentir accolé à la décharge.

Pas de couronne d'épines mais un soleil de plomb, des cailloux et des odeurs

Le long du sentier, douze croix sont plantées dans des bidons blancs. Douze croix comme autant de mois jusqu'à la fermeture. Douze croix comme autant de tombes pour des espèces animales ou végétales disparues près du site. Comme des couples d'ortolans dont on entendra plus le chant près de Castries. 

Chaque croix sur le parcours symbolise la perte d'une espèce animale ou végétale. - Radio France
Chaque croix sur le parcours symbolise la perte d'une espèce animale ou végétale. © Radio France - Marion Bargiacchi

Soudain, le vent se lève. L'odeur arrive : "L'hydrogène sulfuré et le dioxyde de soufre, c'est ce que vous sentez" explique Patrick, un riverain. L'odeur est indescriptible, difficilement respirable. Alors Patrick sort de son sac des masques en tissu pour les placer sur la bouche. Une maigre barrière contre des produits dont on ne connait pas la toxicité. "On a connu pire, quand vous ouvrez les fenêtres, vous avez souvent cette odeur à vomir !" explique une habitante de Saint-Drézéry.

L'odeur c'est une chose, mais la pollution est aussi sous nos pieds : "Ce qui sortira de source Fongrand ira dans l'étang de L'or, et le reste dans les nappes phréatiques. On ne maîtrise absolument rien !"

Au bout du chemin, en contrebas, la décharge : et au-dessus des déchets laissés à ciel ouvert, une marée de goélands. Un spectacle auquel Ludivine, 20 ans, ne s'attendait pas : 

"On a l'impression d'être dans un pays en voie de développement. On s'attend presque à voir des gens trier à la main. C'est très choquant" 

"Le mal est fait pour des décennies et des décennies"

Pour Marie-Noelle Sibieude, de l'association St Drezery Nature environnement, il est déjà trop tard pour sauver Castries. C'est pour préserver les autres qu'il faut tout changer : "Le mal est fait pour des décennies et des décennies. Sur notre métropole, on a une usine de méthanisation qui dysfonctionne terriblement (l'usine AMÉTYST)

Il n'y a aucune volonté de réduire nos déchets, c'est presque criminel. 

Ces déchets ont atteint notre environnement, nos nappes phréatiques. Nos sources commencent à être polluées : des métaux lourds, de l'aluminium, du zinc. J'ai eu entre les mains le plan d'aménagement de développement durable qui régit notre métropole pour les quarante ans à venir. Pas une ligne sur le traitement des déchets."

Car c'est la toute la question que se pose ces marcheurs : si la décharge de Castries ferme ses portes en 2019, où iront les déchets ultimes de la métropole ?