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Climat – Environnement

Climat : quelles conséquences pour l'UE si les USA abandonnent la lutte contre le réchauffement ?

jeudi 30 mars 2017 à 17:24 Par Olivia Cohen, France Bleu

Le président américain Donald Trump a signé ce mardi un décret remettant en cause la réglementation initiée par Barack Obama pour lutter contre le réchauffement climatique, une décision qui pourrait être le premier signe d'un retrait des USA de l'accord de Paris et avoir des conséquences sur l'UE.

Manifestation contre le réchauffement climatique lors de la COP21 à Paris, où a été conclu l'accord de Paris
Manifestation contre le réchauffement climatique lors de la COP21 à Paris, où a été conclu l'accord de Paris © Maxppp -

Bruxelles, Strasbourg, France

Après des déclarations choc, notamment que le réchauffement climatique serait une "invention chinoise", Donald Trump passe à la vitesse supérieure : le président américain a signé ce mardi un décret remettant en cause la réglementation lancée par Barack Obama pour lutter contre le réchauffement, décision qui pourrait avoir des conséquences pour l’Europe.

Vers une sortie de l'accord de Paris

Le message est clair et la menace de plus en plus concrète : Washington ne déterminera plus sa politique énergétique en fonction des enjeux climatiques. L’administration Trump continue de réexaminer l’hypothèse d’une sortie de l’accord de Paris, dans le cadre duquel les États-Unis se sont engagés à baisser de 26 % à 28 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025, par rapport à 2005.

À ÉCOUTER : Tous Européens | Un décret de Trump remet en cause la lutte contre le réchauffement climatique

Évidemment, l’affront envers l’Union européenne, leader sur ce dossier, est grand. Si l’oncle Sam se retire de l’accord de Paris, la facture sera d’autant plus lourde pour l’Union européenne et les autres pays leaders, qui se sont engagés à soutenir financièrement les pays en voie de développement. Ian Duncan, eurodéputé britannique conservateur et chargé de la réforme du système européen d’échange de quotas d’émissions, l’avait déploré lors de la COP22 :

L’Europe ne peut pas s’attaquer au changement climatique seule. Les industries en souffriront immédiatement.

Seule lueur d’espoir pour garder le cap : l’Europe peut compter sur le soutien d’une bonne partie d’Américains, élus et citoyens, favorables à la transition énergétique. Dans un tweet, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, leur tend la main.

Faire appel aux bonnes volontés, ce ne sera pourtant pas suffisant pour l’Europe car l'une des principales faiblesses du droit international, et donc de l'accord de Paris ratifié en décembre 2015 par 195 pays, c’est d’être dépourvu de caractère contraignant. Certains élus se rassurent en affirmant que le retrait américain ne pourra intervenir que dans un délai de trois à un an, mais parmi les spécialistes de droit international, le ton est nettement plus alarmiste : sachant que les États-Unis sont responsables de 18% des émissions mondiales, les quatre prochaines années sont cruciales pour atteindre les objectifs prévus.

La Chine, nouveau partenaire

À Bruxelles, Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l'énergie, mise déjà sur un rapprochement avec la Chine, affirmant que le leadership de "l'Union, de la Chine et d'autres économies majeures est désormais plus important que jamais".

La Chine et les investisseurs pourraient finalement contraindre Trump à revoir sa copie. La Chine est loin d’être l’amie intime des États-Unis, mais elle reste un poids lourd économique et de facto le premier partenaire des Américains, donc ses avertissements sur le climat auraient certainement plus d’impact que ceux formulés par les Européens.

En tout cas, ce mercredi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères l'a répété :

La Chine ne changera pas sa détermination, ses objectifs et sa politique en matière de changement climatique.

Autre chose qui pèsera dans la balance : les entreprises, notamment le cas d’une des plus grandes compagnies pétrolières du monde, ExxonMobil, qui exhorte Donald Trump à respecter l'accord de Paris sur le climat. Finalement, l’Union européenne pourrait-elle se faire chiper son rôle de porte-drapeau dans ce dossier par la Chine ? Ce n’est finalement pas totalement exclu.