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Climat – Environnement DOSSIER : Le Festival de Loire à Orléans

A Combleux la Loire est basse, les mariniers restent à quai

vendredi 25 août 2017 à 18:47 Par Anne Oger, France Bleu Orléans

Dans l'orléanais la Loire affiche des niveaux négatifs qui perturbent certaines activités nautiques. L'association Escapades Ligériennes à Combleux a dû interrompre les balades en Loire qu'elle proposait depuis le printemps. Mais ça ne devrait pas gêner le Festival de Loire en septembre à Orléans

Eric Augot et Philippe Delaunay, les mariniers de l'association Escapades Ligériennes
Eric Augot et Philippe Delaunay, les mariniers de l'association Escapades Ligériennes © Radio France - Anne Oger

Combleux, France

Sur les futreaux qu'ils ont fabriqués eux-mêmes, Eric Augot et Philippe Delaunay se réjouissaient de proposer tout l'été des balades en Loire. C'était l'objectif en créant l'association "Escapades Ligériennes" : "il y a des activités de ce genre à Orléans, avec notre ami Bertrand Deshayes, et les passeurs de Loire à Sigloy, mais rien ici à Combleux, alors qu'il y avait une véritable attente". Ils se sont lancés au printemps, mais l'aventure s'est arrêtée dès la mi-juillet. "On a un cote de moins un mètre aujourd'hui, c'est un mètre plus bas qu'il y a 50 ans, quand on a créé les premières échelles de mesure" explique Philippe Delaunay. "Ici à Combleux on a 20-25 centimètres de hauteur d'eau, c'est quand même un peu juste, on pourrait naviguer, mais il faudrait tirer les bateaux sur les bans de sable, ça ne décourage pas un marinier, mais pour le public c'est plus compliqué". "Souvent on emmène les gens derrière l'île qui se trouve juste en face, on est en pleine nature, dans un silence total on peut observer les oiseaux, les castors. Mais là c'est totalement impossible" regrette Eric Augot.

Le bateau ivre, un des bateaux de l'association Escapades Ligériennes - Radio France
Le bateau ivre, un des bateaux de l'association Escapades Ligériennes © Radio France - Anne Oger

En ce moment on lâche de l'eau en permanence depuis les barrages de Naussac et Villerest. Si on ne le faisait pas le niveau de la Loire serait deux fois plus bas qu'aujourd'hui"

Ce bas niveau de la Loire n'a rien d'inhabituel à cette période de l'année, et la situation n'est pas aussi préoccupante qu'en 2003, la dernière grande année de sécheresse. Ou en 2015, quand l'étiage (le plus bas niveau d'un fleuve) a duré très longtemps. Mais ça nécessite une gestion précise, en continu. C'est le rôle du comité de gestion des barrages, qui se réunit régulièrement et qui rassemble des élus, des représentants de l'Etat, des pêcheurs, des techniciens. Car ce sont les lâchers d'eau depuis les deux barrages du Massif Central, Villerest et Nuassac, qui en ce moment assurent à la Loire un débit suffisant (60 mètres cubes par seconde à Gien) pour préserver la faune et la flore et un fonctionnement normal des centrales nucléaires. "En ce moment on lâche de l'eau en permanence, tous les jours" explique Christophe Cassande, le directeur de la DREAL Centre-Val de Loire (la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement). "Si on ne le faisait pas, le débit de référence, à Gien, serait deux fois plus bas et cela marquerait encore plus les esprits".

Un débit revu à la hausse face au risque de cyanobactéries en aval

Le débit de la Loire à Gien - Aucun(e)
Le débit de la Loire à Gien - capture écran

Les responsables ne sont pas inquiets pour le moment, car les deux barrages en question sont loin d'être vides (celui de Villerest est plein à 75%, celui de Naussac à 80%), donc même s'il ne pleut pas ils pourront assurer leur mission de "soutien d'étiage". Mais Christophe Cassande sait aussi que son rôle est de prévoir, et d'envisager un scénario sans pluies dans les prochaines semaines. Pas question de gaspiller. "Début août, on avait décidé de baisser à 55 mètres cubes/seconde le débit de la Loire à Gien, pour économiser nos réserves. Mais avec les différentes alertes aux cyanobactéries en aval et notamment dans les Pays de Loire, on a décidé de relever ce débit, pour qu'il y ait un peu plus de courant".

Face au risque de cyanobactéries le débit de la Loire légèrement augmenté - Radio France
Face au risque de cyanobactéries le débit de la Loire légèrement augmenté © Radio France - Anne Oger

On va réussir à descendre la Loire pour le Festival le mois prochain, mais ce sera un peu plus compliqué et ensuite on ne pourra pas remonter. Ce qu'on peut espérer c'est un délestage quelques jours avant, on peut toujours rêver...

Dans leurs bateaux qui restent à quai, les deux mariniers de Combleux pensent quand même déjà au Festival de Loire, du 20 au 24 septembre prochain. A chaque édition, les mariniers organisent ce qu'ils appellent la convergence des bateaux : ils descendent de Nevers, Gien ou encore Jargeau, et arrivent à Orléans le matin du Festival de Loire. "On va réussir à descendre" assure Philippe Delaunay. "De toute façon un marinier bien motivé arrive toujours à passer. Mais disons que par endroits ce sera plus compliqué, et plus encore pour nos collègues qui sont en amont. Au pire ils laisseront les plus gros bateaux et descendront les petits par la route. C'est moins fun mais ça se fait quand même".

Philippe Delaunay de l'association Escapades Ligériennes

En fait Philippe Delaunay rêve comme les autres d'un lâcher d'eau pile au moment du Festival, "c'est déjà arrivé mais c'était une coïncidence, le Festival de Loire ne fait pas partie des priorités des personnes qui gèrent les niveaux". Une intuition confirmée par Christophe Cassande, le directeur de la DREAL : "en ce moment, même si on n'a pas d'inquiétude parce que les réserves sont satisfaisantes, mais on déstocke rapidement, et on risque d'être dans les quinze jours qui viennent à un niveau au-dessous duquel on ne souhaite pas aller pour garder de la réserve pour la suite, donc on n'a pas de marge".

Christophe Cassande le directeur de la DREAL Centre Val de Loire

L'association Escapades Ligériennes est basée à Combleux. L'an prochain elle espère pouvoir proposer aussi des balades sur le canal d'Orléans, pour faire face à ces bas niveaux d'eau dans la Loire en été.