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Climat – Environnement

Comment Nicolas Hulot espérait secrètement tourner la page de l'usine Alteo de Gardanne

mardi 28 août 2018 à 15:25 Par Tony Selliez, France Bleu Provence et France Bleu

Il n'aura pas eu le temps d'aller au bout de son projet. Mais comme France Bleu Provence peut désormais vous le révéler, Nicolas Hulot travaillait bien sur une "sortie par le haut" dans la gestion de l'usine Alteo de Gardanne.

L'usine Altéo de Gardanne est l'un des leaders mondiaux de la production  d'allumines
L'usine Altéo de Gardanne est l'un des leaders mondiaux de la production d'allumines © Radio France - Fabien LE DU

Marseille, France

La nouvelle est tombée fin juillet. Depuis plusieurs semaines, l'étau se resserre autour de l'usine d'alumine Alteo de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône. Cette usine a rejeté jusqu'à fin 2015 des "boues rouges" en Méditerranée. La justice, puis l'État, viennent de durcir les conditions dans lesquelles elle peut poursuivre son activité. Le tribunal administratif de Marseille lui intime de mettre ses rejets d'effluents liquides en Méditerranée (au cœur de l'actuel Parc national des Calanques) en conformité avec la loi plus tôt que prévu : le délai est avancé à 2019 au lieu de 2021.

450 salariés dans la balance

Le tribunal s'est également penché le mois dernier sur les déchets solides de l'usine. Depuis qu'il n'est plus autorisé à rejeter de boues rouges, Alteo stocke ses résidus de bauxite à terre, sur le site en plein air de Mange-Garri, près de Bouc-Bel-Air. La préfecture des Bouches-du-Rhône doit réaliser une nouvelle enquête d'impact sur "l'appréciation des dangers et inconvénients environnementaux et sanitaires cumulé de l'usine d'alumine de Gardanne et des installations de stockage de déchets" sur ce site.

"On a eu une réunion. Il m'a dit : merci, tu nous offres une solution par le haut". Olivier Dubuquoy, géographe et fondateur de l'association Zéa

"C'est exactement ce qu'il voulait : un projet de transition sur ce territoire avec un maintien de l'emploi, et progressivement un arrêt de la pollution". Pendant ses 15 mois au gouvernement, Nicolas Hulot n'a quasiment jamais pris position publiquement sur le dossier. Le désormais ex-ministre de la Transition écologique a pourtant travaillé "en sous-main".

"En fait, on avait une stratégie entre opposants (à Alteo) et le gouvernement pour mettre fin à cette pollution. Il (Nicolas Hulot) voulait arriver à une réunion interministérielle, et prouver la non-viabilité économique et l'impact écologique de cette usine".

"Par exemple, le fait que selon nous la valorisation de leurs déchets n'est pas viable. C'était une stratégie croisée, restée secrète... jusqu'ici !" Puisque les arguments écologiques ne pesaient pas assez lourd politiquement, ils avaient trouvé ensemble une alternative économique. Le but : tourner la page, en finir avec les polluants et proposer un projet de transition "socio-économique".

"Les méthodes de lutte aujourd'hui sont devenues plus complexes encore, parce qu'on nous demande aussi de trouver des solutions économiques, des solutions alternatives."

"Et dans ce cas, il n'était pas question de laisser des gens sur le carreau. Nous avions un projet pour maintenir l'emploi sur le site. Pour les cadres de l'usine : une pratique liée plutôt au recyclage de l'alumine. Et l'autre partie de l'activité, c'est de mettre en place des centrales de photovoltaïque sur les sites impactés, une fois remis en état".

Alors, ce projet est-il mort-né pour autant, avec la démission de Nicolas Hulot du gouvernement ? Pas si sûr, au contraire. Les associations environnementales attendent maintenant le nom de son successeur. Si plusieurs réunions de travail ont déjà eu lieu, d'autres pourraient alors suivre.

"Il voulait nous aider, mais... pas publiquement".