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Concarneau : l'Astrolabe prêt à partir pour l'Antarctique

Par Soisic Pellet, France Bleu Breizh Izel jeudi 13 juillet 2017 à 7:00

Sa coque rouge est préparée pour briser les glaces dans les eaux des terres astrales, où il fait parfois - 80 degrés
Sa coque rouge est préparée pour briser les glaces dans les eaux des terres astrales, où il fait parfois - 80 degrés © Radio France - Soisic Pellet

La ministre des Outre-mers Annick Girardin a inauguré hier le nouvel Astrolabe. Ce navire militaire et scientifique va remplacer l'ancien bateau du même nom. Il servira à ravitailler les stations françaises basées en Antarctique. C'est le premier brise-glace de ce type construit en France.

72 mètres de long et 16 mètres de largeur. Mais surtout une coque avant rouge particulièrement reconnaissable. L'Astrolabe, amarré depuis plusieurs mois dans le port de Concarneau, est loin de passer inaperçu. Et c'est surtout le premier du genre construit en France.

Le premier brise-glace français

"Il n'y a jamais eu de brise-glace avant en France. C'est le premier" explique Serge Drapeau, membre de l'IPEV (Institut Polaire français) et qui a participé à ce projet. Le bateau peut donc naviguer dans les conditions extrêmes de l'océan austral (les fameux 40ème rugissants et les 50ème hurlants) qui entoure le continent Antarctique. Mais les innovations ne s'arrêtent pas là : une chaudière spéciale a aussi été intégrée au bateau, pour éviter que les ballasts et les prises d'eau de mer ne gèlent. La coque est protégée du fouling par une peinture anti-abrasion et un système à ultra-sons pour tenir le choc face à l'abrasion provoquée par la glace. Il faut cependant protéger la coque de la prolifération des algues notamment lorsque le navire sera dans les eaux réunionnaises.

Un navire militaire et scientifique

Le but de l'Astrolabe est de ravitailler les stations françaises Dumont d'Urville et Concordia basées en Antarctique. C'est la Marine Nationale qui en assure l'entretien et la conduite pendant l'année.

Un hélicoptère peut se poser à l'arrière du bateau. Il peut même être transporté à l'intérieur de la cale.  - Radio France
Un hélicoptère peut se poser à l'arrière du bateau. Il peut même être transporté à l'intérieur de la cale. © Radio France - Soisic Pellet

Mais c'est aussi un navire scientifique. Des membres de l'IPEV voyageront régulièrement à bord, avec l'équipage militaire pour étudier l'environnement austral, très peu connu.

Premier départ dans les terres de l'extrême-sud dès l'automne prochain. En attendant, l'Astrolabe va faire un premier arrêt dans le port de Brest, avant de rejoindre la Réunion, où il sera basé à partir de septembre. Première mission pour le compte de l'IPEV d'octobre à mars depuis le sud de l'Australie.