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Environnement

Conséquence de la sécheresse, les chênes "maigrissent" comme jamais près de Nancy

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Alors que la Lorraine vit un été particulièrement sec, des scientifiques de l'INRA de Nancy observent les réactions des arbres au manque d'eau. Des arbres qui souffrent mais résistent.

Des capteurs sont installés en forêt de Champenoux pour contrôler la croissance des arbres
Des capteurs sont installés en forêt de Champenoux pour contrôler la croissance des arbres © Radio France - Cédric Lieto

Champenoux, France

L'été 2019 est particulièrement sec en Meurthe-et-Moselle, le mois de juillet a été le plus sec jamais observé depuis le début des mesures en 1927. Comment réagit la forêt lorraine à ce manque d'eau et à la hausse des températures ? C'est ce qu'observe depuis 25 ans, Nathalie Bréda, directrice de recherches à l'Institut national de recherche agronomique (INRA) de Nancy, installée à Champenoux (Meurthe-et-Moselle).

Les arbres rétrécissent

Direction une parcelle expérimentale, avec également Joseph Levillain, ingénieur de recherche, où des capteurs sont installés sur des chênes : des mécanismes qui permettent de mesurer et d'enregistrer la croissance des arbres (leur circonférence), la température sous l'écorce et l'humidité présente dans le sol. Le constat est sans appel pour Nathalie Bréda : 

"Dès le mois de juin, on a commencé à voir un manque d'eau dans le sol et un ralentissement de la croissance, plus précoce que d'habitude. Pratiquement depuis le 1er juillet, on constate que, non seulement la croissance s'est arrêtée, les arbres ne grandissent plus mais au contraire, ils se rétractent."

Des épisodes de plus en plus prolongés

Les arbres puisent dans leurs réserves pour passer l'été. Ce n'est pas grave en soi, ce stock peut se reconstituer en cas de pluies significatives. Mais ce phénomène de déshydratation est de plus en plus prononcé : en 2003, il avait duré trois semaines, l'an dernier, c'était plus de trois mois. Pourtant, les chênes ont encore des feuilles bien vertes. Ces arbres sont plus résistants qu'on peut parfois le croire : 

"Pour l'instant, je ne suis pas encore aussi pessimiste que certains qui disent qu'il faut changer les espèces en Meurthe-et-Moselle. Je pense que beaucoup de nos espèces peuvent être conduites même avec un climat plus contraignant. La sylviculture a, à mon avis, des vraies cartes à jouer pour conduire les peuplements un peu différemment, en les préparant aux conditions climatiques plus difficiles qu'ils auront à rencontrer."

C'est donc l'exploitation forestière qui devra changer pour Nathalie Bréda, en espaçant davantage les arbres pour qu'ils ne se concurrent pas trop face au manque d'eau par exemple. Illustration d'une exploitation à repenser, celle des épicéas dans le massif vosgien selon la directrice de recherches de l'INRA : une essence attaquée par les scolytes après avoir été affaiblie par la sécheresse de 2018 : 

"Il y a des zones ou l'épicéa n'a pas sa place et ça, ce sont des corrections par la nature d'erreurs humaines d'installation d'un résineux dans des situations de sol et de pluviométrie insuffisantes pour que sa productivité soit satisfaisante dans des conditions de sécheresse extrême. C'était couru d'avance et ça a été fait à des époques où on n'avait pas cette sensibilité à la sécheresse [...] Quand l'épicéa a été planté en masse dans les Vosges, il a été planté avec des densités extrêmement serrées. Malheureusement, il n'y a pas eu d'accompagnement pour faire baisser cette densité et les rendre plus résilients à ces événements extrêmes."

L'épicéa a donc encore sa place selon Nathalie Bréda mais pas n'importe où et pas n'importe comment.