Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Dans les campagnes françaises, un tiers des oiseaux a disparu en 15 ans

lundi 26 mars 2018 à 6:04 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Deux études publiées simultanément par le CNRS et le Musée d'histoire naturelle pointent du doigt la diminution significative du nombre d'oiseaux dans les campagnes. Le Loiret n'est pas épargné.

Dans le Loiret aussi, les oiseaux des campagnes disparaissent massivement.
Dans le Loiret aussi, les oiseaux des campagnes disparaissent massivement. © Maxppp - Geoff Swaine

Loiret, France

Peut-être emmenez-vous régulièrement vos enfants en promenade dans la campagne à la découverte des rouge-gorges, mésanges, perdrix, alouettes et autres bruants. Vous avez sans doute constaté qu'il était plus difficile d'apercevoir des oiseaux depuis quelques années. C'est le constat alarmant de deux études, publiées simultanément par le CNRS et le Musée d'histoire naturelle, la semaine dernière. En seulement quinze ans : un tiers des oiseaux des campagnes françaises a disparu. Le phénomène s'est même accéléré ces deux dernières années. Stéphane Brancherau, ornithologue pour l'association Loiret Nature Environnement ne peut que le constater : "Il y a des espèces qu'on voyait bien plus avant. En nombre plus important en tout cas."

Les pesticides, principale raison de la disparition des oiseaux

Plusieurs explications sont avancées par les naturalistes. L'une des principales, c'est l'utilisation massive des pesticides sur les exploitations agricoles. Les populations d'insectes, aliment essentiel des volatiles, sont significativement réduites et il y a une manière très simple de s'en rendre compte, explique Roland Granger, passionné d'ornithologie depuis cinquante ans : "Est-ce-que vous avez essayé de rouler trente kilomètres en plein mois d'août ? _Vous n'essuyez plus votre pare-brise_. C'est bien un signe de la diminution du nombre d'insectes !"

Les chats tuent des millions d'oiseaux par an !

Autre raison de la disparition des oiseaux : ils ne trouvent plus d'abris dans les immenses champs monocultures et fuient. Le dérèglement climatique pousse aussi certaines espèces d'oiseaux à changer de région. Et dans leur nouveau secteur ils rentrent en concurrence alimentaire avec les autres oiseaux : il y a plus d'individus pour autant de nourriture. Ces facteurs biologiques n’encouragent pas les animaux à se reproduire. À cela s'ajoute des explications un peu plus surprenantes, détaille Stéphane Brancherau : _"_Les chats domestiques ! On ne s'en rend pas forcément compte mais ils tuent des millions d'oiseaux par an. Il y a aussi le trafic routier, les collisions avec les baies vitrées : vérandas, abris de bus..."

La disparition des oiseaux : un véritable impact sur l'environnement

Les oiseaux, ce n'est pas seulement joli. Comme toutes les autres espèces animales, c'est aussi essentiel. La biodiversité est un équilibre extrêmement précaire où toutes les espèces sont liées entre elles. Certaines cohabitent, d'autres sont des proies, ou des prédateurs. Toucher à un des éléments de cette 'harmonie', c'est la déstabiliser. Comme le dit l'expression consacrée, la nature a horreur du vide, et moins d'oiseaux, ça veut dire par exemple plus d'insectes.  Au-delà de l’équilibre biologique, il faut aussi avoir une réflexion plus philosophique indique Christian Beaudin, photographe loirétain passionné d'oiseaux : "C'est important de se dire que la planète est composée de plein de choses différentes. L'Homme n'est pas tout seul dans le monde."

Enrayer la perte des oiseaux ?

À l'heure actuelle, la plupart des naturalistes et des passionnés d'ornithologie se veulent rassurants : il n'est pas encore trop tard. Roland Granger a des raisons d’espérer : "On n'est pas désespéré. Il y a des gens qui travaillent à remettre des oiseaux. Il y avait des rapaces en voie d'extinction dans les années 70/80. Il y a eu des protections ça s'est relevé."

Réécoutez le reportage de France Bleu Orléans

Mais pour que les oiseaux soient sauvegardés, encore faut-il que des changements concrets soient opérés. Le mieux selon Christian Beaudin, ce serait : "qu'on supprime beaucoup de pesticides, qu'on replante des haies, et qu'on laisse des buissons pour que les oiseaux puissent se protéger des intempéries et qu'ils y trouvent de la nourriture." À notre niveau aussi, dans notre jardin on peut agir, indique Stéphane Brancherau : "On peut entretenir _son jardin de manière plus écologique, en plantant des espèces plus variées, des espèces locales. On peut entretenir son jardin en laissant des zones plus sauvages, où on laisse même les plantes qui nous plaisent pas (comprenez les "mauvaises herbes", ndlr). En hiver on peut éventuellement mettre des graines, ça permet d'aider quelques oiseaux."_

Réécoutez le décryptage de France Bleu Orléans