Climat – Environnement

De plus en plus de mammifères marins s'échouent sur le littoral français

Par Anne Patinec, France Bleu La Rochelle, France Bleu Loire Océan et France Bleu lundi 13 novembre 2017 à 3:01

En 216, plus de 1600 mammifères marins se sont échoués sur les côtes françaises
En 216, plus de 1600 mammifères marins se sont échoués sur les côtes françaises © Maxppp -

Avec 1.613 mammifères marins échoués sur les côtes françaises en 2016, un nouveau record a été battu. La plupart de ces animaux étaient morts. Les plus touchés sont les dauphins et les marsouins communs. C'est le bilan dressé par le Réseau National Echouage (RNE) en séminaire au Croisic ce week-end.

Ce chiffre de 1.613 mammifères marins échoués sur les côtes françaises n'avait jamais été atteint depuis la création du Réseau National Echouages (RNE), il y a quarante ans. Et c'est le littoral atlantique qui est le plus touché avec plus de 1.000 échouages. Les dauphins communs et les marsouins communs sont les plus concernés.C'est ce qu'ont constaté les 400 correspondants de RNE l'an dernier.

Nouvelle répartition des espèces

Sur les causes de la hausse des échouages, pour l'instant les scientifiques n'esquissent que des hypothèses. L'augmentation des échouages des marsouins pourrait s'expliquer par le fait qu'ils sont plus nombreux au large des côtes françaises.

"C'est probablement lié à une nouvelle redistribution des marsouins en Europe. Ils ont quitté des zones de la Mer du Nord pour des zones plus au sud, donc au large de la France" Vincent Ridoux, scientifique et directeur de Pélagis à la Rochelle.

La pression de la pêche

Les scientifiques constatent aussi une hausse des morts de dauphins communs consécutives à des prises accidentelles liées à la pêche. "30 à 40% des dauphins communs échoués portent des marques de captures accidentelles mais ce chiffre peut même monter à 80% comme au printemps dernier où plusieurs centaines de dauphins se sont échoués entre la Gironde et le sud de la Vendée. Le bilan 2017 sera encore plus élevé que celui de 2016. Les filets calés et les chaluts pélagiques peuvent être à l'origine de ces captures accidentelles", selon Vincent Ridoux. "Quant aux pollutions marines, si elles ne causent pas directement la mort des animaux, elles peuvent favoriser l'apparition de certaines maladies."