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Environnement

Déchets : Alexandre Lanfranchi pointe "les mauvais oiseaux" autour des associations

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Par , France Bleu RCFM

Le gestionnaire du centre d'enfouissement de Vighjaneddu, le seul encore ouvert à toutes les régions de l'île, confirme que les déchets refusés par le centre de Prunelli-Di-Fiumorbu seront, sauf surprise, redirigés vers le sud. Il dénonce aussi le phagocytage des associations par "la voyoucratie".

Alexandre Lanfranchi, gestionnaire du centre d'enfouissement des déchets de Vighjaneddu, invité de Cuntrastu sur Via Stella (Septembre 2018)
Alexandre Lanfranchi, gestionnaire du centre d'enfouissement des déchets de Vighjaneddu, invité de Cuntrastu sur Via Stella (Septembre 2018)

Viggianello, France

Invité de la rédaction de RCFM ce jeudi, Alexandre Lanfranchi n'a pas sa langue dans sa poche lorsqu'il s'agit de donner son avis sur son domaine d'activité. Selon le gestionnaire du centre d'enfouissement technique de Viggianello (Valinco), son projet dit de "Viggianello 2", un "écopôle" comme il faut l'appeler, qui pourrait accueillir 58 000 tonnes de déchets par an (enfouissement + valorisation) est retardé, la faute à des "pressions politiques". 

Selon nos informations, le dossier est toujours en cours d'étude par les services de la Préfecture de Corse, et attend toujours les autorisations nécessaires. Il n'y aurait, à ce jour, aucun autre projet sur la table pour Vighjaneddu.

"Mon dossier a cinq ans de retard, explique Alexandre Lanfranchi, tous les dossiers au niveau national se gèrent en six mois ! Cinq ans, dus à des pressions politiques. Mon dossier passait comme une lettre à la poste, avec toutes les autorisations, dont celle de la mairie actuelle. Maintenant on entend que les collectifs vont se regrouper pour avoir plus de poids…si on n’avait pas donné autant d’importance à certaines personnes, mon autorisation aurait été délivrée il y a cinq ans ! »

Une responsabilité qu'Alexandre Lanfranchi impute aussi aux associations qui s'élèvent contre son projet, et d'autres. Si elles sont aussi influentes, selon lui c’est qu’elles sont souvent orientées en leur sein par des personnes "qui nagent en eaux troubles". Mais qui aurait intérêt à bloquer les projets de centre de traitement des déchets en Corse ? « Des mauvais oiseaux » dit-il. 

« Je ne dis pas que ce sont toutes les associations ni toutes les personnes qui sont dans ces associations, mais malheureusement, bien souvent, la voyoucratie est en lien avec ces associations. […] Ce qu’il y a de sûr,  c’est que ces mauvais oiseaux ont tendance à se servir de ces associations, parfois à leur insu, pour pouvoir faire fermer les entrepreneurs avec qui ils n’auront jamais à manger, et placer leurs pions à eux. Les services de l’Etat et de police sont au courant de tout ça, et on continue à laisser aller, que ce soit du côté de l’Etat comme de beaucoup de monde ». 

Voiture blindée et gardes du corps. 

Alexandre Lanfranchi, père de famille de 40 ans, dit connaître les rouages qui régissent selon lui, les systèmes de pression qu’il décrit. Lui-même semble s’en méfier... : 

« Je roule en véhicule blindé, et j’ai même des gardes du corps. Mais je ne partirai pas de chez moi, je ne déserterai pas, et personne ne me fera capituler. Je serai peut-être un challenge pour certains, mais c’est mon choix, et je l’assumerai jusqu'au bout ». 

"Urbalacò campemu quì" ne se sent "pas concernée"

Une nouvelle association a vu le jour du côté d'Urbalaconu, dans la communauté des communes du Sartenais-Valincu. "Urbalacò campemu quì" entend bloquer tout projet de centre d'enfouissement sur la commune, et dit vouloir -sans faire de politique- autre type de développement. Antoinette Lorenzi, l'une des responsables, dit ne pas se sentir concernée par ces allégations d'Alexandre Lanfranchi.

"Personnellement, je comprends mal ces propos, il faudrait que ce soit plus clair, mais nous en tant qu'association qui se crée, on n'est absolument pas concernés par ce genre de crainte." 

Puis d'ajouter sur les craintes exprimées par le maire de la commune, concernant un projet de centre de stockage : 

"On sait que le maire d'Urbalaconu dit ça (des rumeurs lui mettraient "une cible sur le dos", ndlr), je crois qu'il l'a dit à certains d'entre nous aussi, mais on n'en sait rien, nous, on n'est pas au courant de ça. C'est regrettable, évidemment, qu'on en soit à des affirmations pareilles sur un dossier aussi important... maintenant on sait que la question des déchets, sur tout le pourtour méditerranéen, elle intéresse du monde, mais on ne se fera pas prendre là-dedans.

Plainte sans suite

En septembre 2014, Alexandre Lanfranchi avait déposé une plainte contre X pour « tentatives de corruption, d'extorsion et favoritisme». Il se disait victime du directeur du Syndicat de Valorisation des Déchets de Corse, (SYVADEC), qui lui aurait selon lui demandé des dessous de table en l’échange d’une élévation du tonnage de déchets à traiter dans son centre, régi toujours aujourd’hui par le syndicat. Le directeur de l’époque Guillaume le Corre, avait vu la plainte d’Alexandre Lanfranchi classée sans suite. Le président du Syvadec, François Tatti, avait lui dans la foulée déposé plainte à l’encontre du chef d’entreprise pour « dénonciation calomnieuse ». 

Saturation avant la fin de l'année

Le centre d'enfouissement de Vighjaneddu a atteint fin juillet les 60 000 tonnes de déchets enfouis cette année. Sa capacité maximale annuelle est de 110 000 tonnes. Celle-ci pourrait bien être atteinte avant la fin de l'année 2019, en novembre, ce qui conduira les élus de la Communauté des Communes du Sartenais-Valincu à demander à restreindre, comme c'est le cas à Prunelli-di-Fiumorbu, l'accès aux ordures ménagères de leur territoire, pour les tonnes restant à enfouir, comme nous l'a confirmé Jean Pajanacci, président de la "ComCom".

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