Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Fermer
Retour
Climat – Environnement

Décryptage - Landes : le chantier du Lac d'Hossegor va-t-il être démonté ?

dimanche 6 janvier 2019 à 19:23 Par Paul Ferrier, France Bleu Gascogne

Le 20 décembre dernier, le tribunal administratif de Pau a suspendu le chantier de désensablement du lac d'Hossegor suite à un recours de l'association de défense de l'environnement la SEPANSO. Le chantier est donc à l'arret mais sur le lac, rien n'a bougé, les engins de chantier sont toujours là.

Le chantier est toujours en place sur le lac d'Hossegor malgré sa suspension par la justice administrative.
Le chantier est toujours en place sur le lac d'Hossegor malgré sa suspension par la justice administrative. © Radio France - Paul Ferrier

Hossegor, France

Que se passe-t-il sur le lac d'Hossegor ? Le chantier, suspendu par la justice administrative saisie par la SEPANSO,  va-t-il être démonté ? Va-t-il reprendre ? Car si la décision du juge des référés est tombée le 20 décembre dernier, si les opérations de dragage ont été stoppées, les engins de chantier et les tuyaux, eux, n'ont pas été démontés.

Le chantier doit-il être démonté ? 

La communauté de commune Maremne Adour Cote Sud, la MACS, le porteur de projet, ne sais pas elle même ce qu'elle doit faire. Certes il y a une décision de justice mais visiblement personne ne comprend ce que ce qu'elle veut dire et chacun tente de l’interpréter.  

Extrait de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Pau du 20 décembre 2018.  - Aucun(e)
Extrait de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Pau du 20 décembre 2018. - DR

Ce qui est sûr, c'est que le juge administratif remet en question la légalité du rejet des sédiments sur la plage de Santocha à Capbreton. Mais y a t il un moyen de contourner cette décision, de reprendre le chantier rapidement en ajustant l'autorisation préfectorale visée par cette décision de justice ? Les services juridiques de la MACS et de la préfecture s'arrachent les cheveux pour le savoir et il ne faut pas trop traîner, sait bien Pierre Froustey, le président de la MACS. Idéalement une décision devrait être prise cette semaine concernant le démontage ou non, car chaque jour qui passe, c'est de l'argent public qui est dépensé. Pour le moment, trois options se dessinent pour le porteur de projet. 

  1. Le chantier est entièrement démonté car il n'y a pas de possibilité de reprise.
  2. Le chantier est démonté partiellement. Les engins de chantier renvoyés, les tuyaux restent car ils sont soudés. Et la MACS attend la décision du juge administratif sur le fond (la décision du 20 décembre est une décision en urgence, le fond du dossier doit lui être examiné ultérieurement, ndlr)
  3. Si il y a espoir que ce chantier puisse redémarrer, pas de démontage, tout reste en place. L'impératif à respecter, c'est que l'arrêté préfectoral cours jusqu'au 31 mars, date de fin de chantier obligatoire.    

Le chantier a-t-il des chances de reprendre cette année ? 

Là encore, il n'y a pas de réponse claire et précise à cette question car, encore une fois, personne n'a la même lecture de la décision du juge administratif.  La MACS et la préfecture veulent encore croire qu'il existe une fenêtre de sortie de crise pour reprendre le dragage dans les prochaines semaines. Mais le chantier devra, quoiqu'il arrive s’arrêter le 31 mars prochain.  Compte tenu de l'ampleur des travaux, comment rattraper le retard ? Voilà ce qui va préoccuper la MACS et Vinci en charge du chantier.   

Pour la SEPANSO, l'association de défense de l'environnement à l'origine de la suspension du chantier, la réponse est plus claire. Pour eux, il y a 0% de chance que ce chantier redémarre cette année. 

Pourtant, Pierre Froustey, le président de la MACS, souhaite de nouveau négocier avec l'association écolo.  Il affirme avoir proposé un rendez-vous pour cette semaine. Mais négocier sur quoi ? La MACS et la préfecture envisagent de pouvoir trouver un accord avec la SEPANSO afin d'amender l'arrêté préfectoral et prévoir de nouvelles dispositions quant au sable rejeté sur la plage de Santocha à Capbreton. Pour justifier cette possibilité, la MACS s'appuie sur cette phrase de l'ordonnance du juge : "L’arrêté du préfet des Landes du 14 mai 2018 est provisoirement suspendu en tant que les autorisations accordées à la communauté de communes Maremne Adour Côte Sud ne sont pas assorties des prescriptions nécessaires permettant d’assurer une utilisation des sédiments extraits des opérations de dragage du lac marin d’Hossegor au rechargement des plages dans des conditions sanitaires réglementaires". 

Sauf que la SEPANSO n'a pas la même lecture. Pour l'association écolo, c'est ce qu'il y a après la virgule qui compte. Eux, ils interprètent l'ordonnance comme ceci : "L’arrêté du préfet des Landes du 14 mai 2018 est provisoirement suspendu (...) _jusqu’à ce qu’il soit statué sur sa légalité_." En résumé, jusqu'à ce que le jugement sur le fond soit émis.  En fait pour la SEPANSO, il n'y a qu'une seule négociation possible, que l'arrêté suspendu soit enterré par la préfecture et qu'un nouveau projet soit rédigé avec leurs prescriptions : 1/ Dépollution à terre des sédiments du lac plutôt que leur rejet sur la plage, 2/ Pas de dérogation sur la destruction de la faune et la flore, 3/ un dragage doux programmé sur plusieurs années. En tout état de cause, en dehors de ces prescriptions, la SEPANSO se dit prête à attaquer tout nouvel arrêté qui n'irait pas dans ce sens.  

La dernière solution, c'est qu'il n'y ait aucune nouvelle négociation et attendre sagement la décision du juge administratif sur le fond. La MACS tente de se persuader que ce jugement va arriver vite mais ce ne sera pas dans les jours qui arrivent et rien ne dit qu'il sera cette fois favorable à la MACS, alors que le jugement en référé leur a été défavorable.  

Les tuyaux construits spécialement pour le dragage du lac et pour l'acheminement du sable sur la plage de Santocha.  - Radio France
Les tuyaux construits spécialement pour le dragage du lac et pour l'acheminement du sable sur la plage de Santocha. © Radio France - Paul Ferrier

Pendant ce temps, de l'argent public s'envole

Pendant que les services juridiques réfléchissent pour savoir si le chantier doit être démonté ou non,  cela coûte cher. Sans doute très cher.  D'abord, Vinci, en charge du projet, ne laisse pas ses engins dormir gratuitement sur le lac. Il y aura un devis pour le temps de mise à disposition de ce matériel.  Quant aux énormes tuyaux, là, si le chantier ne reprend pas, ce sera de la pure perte. "Ils ont été fabriqués spécialement pour ce dragage" explique Pierre Froustey. Selon la MACS, l'installation du chantier a coûté 900 000 euros. Son démontage coûterait aussi des dizaines voire des centaines de milliers d'euros. Pour un chantier qui n'aura durée qu'une dizaine de jours.

Dans l'hypothèse où le chantier pourrait reprendre, il y aurait, là encore, forcément, des coûts importants. Ne serait-ce que pour combler le retard que le chantier a pris. Pour terminer dans les temps, Pierre Froustey explique qu'il faudrait augmenter les cadences, ce qui sous entend plus d'heure de travail, donc des heures supplémentaires à payer, voire, pourquoi pas, des heures de nuit. 

Tout cela, c'est bien sûr de l'argent public. Le président de la MACS l'avoue, c'est un vrai casse tête. La SEPANSO répond qu'il fallait y penser avant.