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Environnement

Des agriculteurs sarthois pas près d'abandonner le labour

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Par , France Bleu Maine

Le rapport publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), jeudi 8 août, pointe la responsabilité de l'agriculture dans le réchauffement climatique. Il remet en cause la pratique du labour. Une méthode que beaucoup d'agriculteurs sarthois utilisent.

Au concours départemental, quatorze jeunes agriculteurs doivent labourer une parcelle proprement dans un temps imparti.
Au concours départemental, quatorze jeunes agriculteurs doivent labourer une parcelle proprement dans un temps imparti. © Radio France - Clémentine Sabrié

Sarthe, France

Tous ont déjà entendu parler de méthodes alternatives, mais, sans surprise, beaucoup d'agriculteurs présents au concours de labour départemental, ce samedi, continuent de retourner la terre de leurs parcelles

Pourtant, le nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met en cause cette pratique, parmi d'autres, dans l'impact de l'agriculture sur le réchauffement climatique. "La dégradation des terres réduit la capacité du sol à absorber le carbone, ce qui aggrave le changement climatique", a précisé la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du GIEC, à la publication du rapport.

Le labour pour éviter les herbicides, vraiment ?

L’argument phare pour le labour, c'est que ça permet de ne pas utiliser d'herbicides nocifs pour l'humain et la planète. Pascal Delaroche retourne 110 hectares sur les 126 de sa propriété. "Si on fait un labour, toutes la mauvaise herbe est plus ou moins enterrée, ça permet de faire un traitement presque à demi-dose", explique l'agriculteur.

"Le terrain va être nu, donc on va mettre un herbicide. La petite plante qu'on veut toucher, on va la toucher tout de suite. C'est ce qui coûte le moins cher en traitement."

Pascal Delaroche ne se voit pas arrêter cette pratique "traditionnelle" qu'utilisait son père et son grand-père avant lui. La jeunesse est aussi férue du labour. Preuve en est du concours organisé par le syndicat des Jeunes Agriculteurs de la Sarthe. "On laboure toutes nos terres pour les cultures", précise Anthony Monchatre, le champion de l'année dernière, tout juste 30 ans. "Peut-être qu'à l'avenir on évoluera, mais pour l'instant, niveau salissement des sols (présence de mauvaises herbes, ndlr.), on préfère labourer."

Les couverts végétaux pour remplacer le labour

Anthony Monchatre a, cependant, déjà pensé à d'autres solutions pour les terres qu'il cultive avec ses parents à Téloche. Par exemple, "l'introduction des couverts végétaux dans nos rotations". Le couvert végétal consiste à protéger les sols avec de la végétation, plantée au pied et autour des cultures.

"On évoluerait avec des techniques qui permettent de travailler le sol plus naturellement."

Le jeune agriculteur garde cette idée dans un coin de sa tête, quand d'autres sont plus sceptiques. Pour Franck Bourbeau, qui élève des volailles Loué, des vaches allaitantes, et cultive des céréales, cette technique semble impossible à appliquer vu les conditions météorologiques. "La chaleur, la sécheresse... Les gars qui font que du sans-labour auront du mal à avoir assez à manger pour leurs bêtes, parce que les plantes n'ont pas pu s'implanter comme le sol n'a pas été travaillé."

Réduire la consommation de carburants et les émissions de CO2

Le GIEC fait valoir les économies de carburant et de temps que pourraient faire les agriculteurs passant aux couverts végétaux. Pascal Delaroche n'y croit pas une seconde : "On passe beaucoup plus de temps dans la parcelle. Pour faire un non-labour il faut passer deux à trois fois et, si on apporte du fumier, il faut encore repasser."

Cet entretien naturel pourrait permettre d'ingérer plus de CO2 que la culture n'en rejette. Si un quart des surfaces agricoles l'adoptait, elles absorberaient l'équivalent des émissions de CO2 la France.