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Environnement

Des années après, des Loirétains attendent toujours de pouvoir réparer les dégâts des canicules

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

L'antenne loirétaine des "Oubliés de la canicule" s'est réunie ce samedi matin à Donnery. L'association défend ceux dont la maison s’abîme à cause des sécheresses. Certains propriétaires voient leur logement se dégrader peu à peu depuis plus d'une dizaine d'années, sans pouvoir agir.

IMAGE D'ILLUSTRATION - Une maison fissurée à cause de la canicule, en Saône-et-Loire.
IMAGE D'ILLUSTRATION - Une maison fissurée à cause de la canicule, en Saône-et-Loire. © Maxppp - PHOTOPQR/JOURNAL SAONE ET LOIRE/MAXPPP

Loiret, France

L'ambiance n'était pas vraiment à la plaisanterie, et les questions extrêmement nombreuses. Il faut dire que depuis les années, les interrogations et la colère s'accumulent pour ces propriétaires de maison. L'association Les oubliés de la canicule du Loiret s'est réunie ce samedi matin à Donnery. Le collectif regroupe près de 90 personnes provenant de 46 communes du département. Toutes ont un point commun : leur maison se dégrade peu à peu, à cause des canicules successives. 

Les gens sont démunis, ils ne savent plus quoi faire. Une maison c'est le fruit du travail de toute une vie."

Grandes fissures sur les façades, murs porteurs fragilisés, craquements incessants... pour certains les premières avaries remontent à l'été 2003. Pour d'autres, elles sont beaucoup plus récentes et datent de la canicule de 2018. Problème : pour que les travaux soient pris en charge par les assurances, il faut d'abord que l'état de catastrophe naturelle soit déclaré. Une décision prise par le ministère de l'intérieur, avec l'avis d'une commission interministérielle. 

Et la complexité de la procédure plonge les propriétaires dans des situations très compliquées. Sandra Arfa est la présidente de l'association loirétaine : "Les gens sont démunis, ils ne savent plus quoi faire. Une maison c'est le fruit du travail de toute une vie, et là elles se délabrent, elles sont invendables. Ça met les gens dans des situations financières terribles et au niveau moral c'est dur à vivre. En plus ça fait peur. La nuit on entend des énormes craquements et on se demande si la maison va s'écrouler." 

La foule et les questions étaient nombreuses, ce samedi matin à Donnery. - Radio France
La foule et les questions étaient nombreuses, ce samedi matin à Donnery. © Radio France - Cyrille Ardaud

La présidente poursuit : "On a l'impression d'être victimes d'une injustice. On ne comprend pas pourquoi les victimes d'inondations sont indemnisées par les assurances et nous pas. Surtout que ce sont des maisons qui ont trente ans, qui n'avaient jamais fissuré avant et d'un coup, dans un même lotissement, elles fissurent toute au même moment ! On ne comprend pas pourquoi ce n'est pas reconnu par l'assurance et par l'Etat."

"Ça met les gens dans des situations financières terribles et au niveau moral c'est dur à vivre." Sandra Arfa, la présidente des Oubliés de la canicule dans le Loiret

Une fissure où l'on peut faire passer les doigts

Les descriptions des dégâts faites par les membres de l'association sont souvent assez proches. Stéphane Coquereau habite à Trainou et lui parle de fissures dans lesquelles il peut passer les doigts. Pour lui la situation dure depuis 2005 et aujourd'hui il est dans l'impasse : "Ma femme a une maladie génétique rare, elle est condamnée. Nous sommes dans le désespoir. Financièrement si on répare la maison, on n'aura plus de quoi l'aménager pour une personne handicapée."

Ils sont nombreux à finalement décider de faire les travaux, et à ne plus attendre un hypothétique remboursement. C'est le cas de Sandra Arfa, la présidente de l'association. Sa maison se dégrade depuis 15 ans : "Les dégâts évoluent énormément au fil des années. Moi c'est mon cas. A un moment c'était tellement fissuré que l'on avait peur de rester dedans. Donc on a fait des crédits pour faire les travaux, qui coûtent cher."

Et à part dans de rares exceptions, quand les propriétaires rénovent sans attendre l'arrêté de catastrophe naturelle, ils ne sont jamais remboursés. Les sinistrés de la canicule de l'été 2018, eux, y verront peut-être bientôt plus clair. Une commission interministérielle doit se réunir au début de l'été : elle décidera alors de prendre ou non, des arrêtés de catastrophe naturelle.

Réécoutez le reportage de France Bleu Orléans

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