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Des biquettes au bord de l'autoroute A2 pour lutter contre une plante invasive

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord mardi 23 août 2016 à 7:30

Kiwi, Caribou et ses soeurs chèvres du poitou dévorent la Renouée Japon au niveau de l'échangeur 21 de l'A2 à Valenciennes
Kiwi, Caribou et ses soeurs chèvres du poitou dévorent la Renouée Japon au niveau de l'échangeur 21 de l'A2 à Valenciennes © Radio France - Rafaela Biry-Vicente

Depuis quelques mois vous avez certainement vu ces biquettes au bord de l'autoroute à Valenciennes, c'est la Direction Interrégionale des routes qui les "embauche" pour dévorer la renouée du Japon, une plante invasive qui est devenue une vraie plaie pour la biodiversité.

Kiwi, une biquette blanche dévore goulument la renouée comme ses copines à corne en regardant passer les camions sur l'autoroute A2 au niveau de l’échangeur 21, Valenciennes centre ; un bonbon pour elle mais une plaie pour la biodiversité, car cette plante peut atteindre 3.5m à 4 mètres très rapidement et empêcher toute autre espèce de pousser.

« elles tapissent tout, il n’y a plus de lumière qui passe, et du coup plus rien ne pousse en dessous, et il n’y a plus d’animaux non plus, Patrick Carlier le berger en chef

Cette plante est devenue un cauchemar pour 50% des communes de la région et aussi pour la DIR, direction interrégionale des routes qui a bien du mal à l’éradiquer sur ses terrains au bord des routes.

Elle a tenté le fauchage tardif, mais ça demande huit passages, c’est donc beaucoup de temps, et d’argent car ce fauchage mobilise de nombreux moyens humains et techniques explique Michael Langlet, responsable du district Amiens Valenciennes.  Autre solution testée en ce moment le bâchage des zones à éradiquer mais là aussi c’est long et pas forcément satisfaisant.

Pour Michael Langlet, responsable du district Amiens Valenciennes de la DIR, les biquettes sont la meilleure solution pour lutter contre la renouée

Pour la DIR la solution plus efficace c’est d’embaucher des chèvres comme Kiwi. En 2015, un premier test avait déjà été réalisé à Valenciennes, et le CEREMA, centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement et l'aménagement a confirmé l'efficacité des bêtes à cornes, l’opération est donc renouvelée jusqu’à la fin de l’été.

12 biquettes 7 jours sur 7 pour lutter contre la renouée

Les biquettes en plein repas - Aucun(e)
Les biquettes en plein repas - DIR

Tous les jours 12 chèvres de l’association d’insertion les biquettes de l’espoir d’Escautpont broutent joyeusement des kilos et des kilos de cette vilaine plante, et la piétinent résultat ils usent la plante, qui a du mal à reprendre et du coup les autres plantes repoussent comme une ortie qui avait déserté les lieux.

le reportage de Rafaela Biry-Vicente

Un projet écolo mais aussi social

En plus le crottin des biquettes refertilise les sols. Pour aider les chèvres, les bergers de l’association terminent le travail avec une faux traditionnelle. Et cet écopaturage est d’autant plus intéressant que pour Patrick Carlier, le travail d’insertion avec les animaux est très concluant

Pour Patrick Carlier des Biquettes de l'espoir, ce projet d'insertion est très concluant

Depuis le début de l’expérimentation, il n’y a quasiment plus d’absentéisme, et le retour à l’emploi est très bon, car les bergers se sentent utiles, et mieux considérés par la population qui s’intéressent à leur travail, les klaxonnent au bord de l’autoroute ou sur les berges de l’Escaut où ils luttent aussi contre la Renouée.

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