Climat – Environnement

Des carottes de glace du Mont-Blanc stockées près de Grenoble

Par Antonin Kermen et Aude Raso, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu vendredi 26 août 2016 à 5:20

La carotte de 130 mètres a été découpée en morceaux d'un mètre et stockée à - 25°C.
La carotte de 130 mètres a été découpée en morceaux d'un mètre et stockée à - 25°C. © Radio France - Tommy Cattaneo

Des glaciologues forent le Mont-Blanc depuis quelques jours. Ils prélèvent des échantillons de glace, qui seront ensuite expédiés en Antarctique, où une base de sauvegarde des glaciers et en train d'être créée.

Une équipe de glaciologues grenoblois forent le Mont-Blanc depuis quelques jours. Ils récupèrent des "carottes", des échantillons de glaciers, pour sauvegarder ce patrimoine. Trois sont en train d'être prélevées au col du Dôme, de 130 mètres chacune. Les tubes de glace n'arrivent pas entiers, mais par morceaux d'un mètre et par camion . Ils sont stockés au Fontanil dans une entreprise privée, à -25 degrés.

Dès que le camion est à quai, pas de temps à perdre. Il faut décharger les caisses qui contiennent les carottes et les ranger dans l'ordre. "On a numéroté les caisses pour se rappeler de la profondeur à laquelle l'échantillon a été prélevé, explique Luc Piard, ingénieur au laboratoire de glaciologie du CNRS à Grenoble. Ça nous permettra de les identifier tout de suite quand on en aura besoin."

Les échantillons de glaces ont été numérotés pour faciliter le travail des chercheurs. - Radio France
Les échantillons de glaces ont été numérotés pour faciliter le travail des chercheurs. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Des carottes bientôt expédiées en Antarctique

Une des trois carottes va rester stockée dans une chambre froide au Fontanil et servir de support de travail aux glaciologues. Pour les deux autres, direction l'Antarctique où un patrimoine de sauvegarde des glaces est en train d'être créé. Nos glaciers fondent, il faut donc absolument en préserver des échantillons. "Un glacier c'est comme un livre d'histoire", détaille Jérome Chappellaz, directeur de recherche au laboratoire de glaciologie du CNRS. "Quand on fore, on pénètre dans les pages qui remontent de plus en plus loin, poursuit-il. L’urgence c'est donc de collecter de la glace de ces glaciers en danger et de la mettre de côté pour que les générations futures puissent travailler dessus."

Coût total du projet : deux millions d'euros, financé uniquement par des mécènes privés. Les opérations de forages dans le Mont-Blanc devraient se terminer ce samedi.

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