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Climat – Environnement

Des chamanes colombiens au chevet de la nature dans la Drôme

mercredi 12 septembre 2018 à 4:16 Par Florence Gotschaux, France Bleu Drôme Ardèche et France Bleu

Quatre indiens Kogis achèvent un séjour dans le Diois. Ils ont été invités à étudier le territoire et à échanger leurs impressions avec une trentaine de scientifiques.

Deux indiens Kogis aux côtés d'Eric Julien, à l'origine de leur venue.
Deux indiens Kogis aux côtés d'Eric Julien, à l'origine de leur venue. © Radio France - Florence Gotschaux

Menglon, France

Depuis dix jours, quatre indiens Kogis sont en visite dans le Diois. Ils dressent l'état de santé du territoire et comparent leurs ressenti avec le diagnostic de scientifiques, présents également. Dernier jour d'échange ce mercredi, à Menglon près de Die.

Deux mondes se rencontrent

C'est pour le moins original, ces indiens Kogis, en tenue blanche, bonnet sur la tête et les pieds-nus qui côtoient des scientifiques, venus parfois de l'étranger (certains arrivent du Canada, d'Australie...). Il y a là des géologues, des astrophysiciens, des biologistes, des naturalistes...

Les Kogis, eux, sont les descendants d'un peuple pré-colombien. Ces "autochtones" vivent au plus près de la nature, loin de la civilisation moderne. Ils n'ont jamais quitté leurs montagnes de Colombie, et évidemment jamais pris un avion.

L'initiative d'un Drômois

Si quatre d'entre eux ont traversé l'Atlantique et une partie de la France pour arriver dans le Diois, c'est grâce au géographe drômois Eric Julien. Il est le créateur de l'Ecole Pratique de la Nature et des Savoirs à Menglon, près de Die, et fondateur d'une association d'aide aux Kogis. Pour lui, s'ouvrir aux connaissances des chamanes peut nous aider. "Notre petite planète vit un instant particulier, où les grands équilibres sont largement menacés, qu'on parle d'équilibres climatique, économique, psychologique... Et donc il est intéressant de regarder les choses différemment parce que la façon dont on les regarde actuellement produit ces déséquilibres".

Les indiens Kogis échangent leur diagnostic avec une trentaine de scientifiques, réunis à Menglon dans le Diois. - Radio France
Les indiens Kogis échangent leur diagnostic avec une trentaine de scientifiques, réunis à Menglon dans le Diois. © Radio France - Florence Gotschaux

C'est la première fois que des scientifiques et des membres de sociétés dites primitives étudient un même terrain. Le naturaliste Gilbert Cochet a participé à une randonnée dans le Diois avec les Kogis, et il n'en revient toujours pas. "A un moment donné, les indiens kogis ont dit "ces arbres... c'est un problème. Ils n'ont rien à faire ici". C'était des pins noirs d'Autriche. Nous on le sait, ils ont été plantés, ils ne sont pas dans leur environnement naturel et n'ont rien à faire ici. Ce qui nous a frappés c'est que les Kogis, sans connaître la flore européenne, ont repéré que ces arbres-là n'étaient pas à leur place". 

Un peu plus loin, les chamanes ont estimé qu'ils étaient à un endroit où la communication avec les profondeurs de la terre était possible. Or le groupe se trouvait précisément sur une ligne de faille géologique. 

Ils ont aussi trouvé qu'il n'y avait pas beaucoup d'oiseaux, ce qui n'est pas très bon signe. 

Un diagnostic en demi-teinte

Car même dans le Diois, où l'on pourrait croire que la nature est relativement préservée, il y a bien des choses qui ne vont pas. Disons qu'il y a du bon et du moins bon, aux yeux des quatre indiens colombiens. Arregoce Coronado Zalabata fait partie de la délégation Kogie, c'est le traducteur. Il est très inquiet pour l'avenir de la Mère Terre. "L'activité humaine a une telle capacité à surcharger notre planète ! Par exemple en venant, j'ai vu énormément de tunnels ! C'est une sérieuse atteinte à la nature. Et puis cette hyper industrialisation... ce sont autant de coups portés à la mère Nature". 

Mais les indiens Kogis ne repartiront pas complètement démoralisés en Colombie. "_Les gens commencent à voir le risque qu'il y a pour la mère Nature. Ils en prennent conscience_. On commence à préserver l'eau, préserver la forêt pour que la Mère Terre continue d'exister le plus longtemps possible!

Deux façons de voir mais un même constat : scientifiques et Kogis crient d'une seule voix qu'il est urgent de réagir.