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Climat – Environnement

Des moutons s'installent autour de la prison de Saint-Quentin-Fallavier

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Par , France Bleu Isère

Ces moutons vivent sur la vaste parcelle qui entoure le centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Une opération d'éco-pâturage rendue possible grâce à l'association Naturama.

C'est l'association Naturama qui a contacté la prison. Christophe Arpheuil (avec le béret) est le directeur de l'asso. A sa gauche, Thibault Diouet, responsable infrastructures et sécurité à la prison.
C'est l'association Naturama qui a contacté la prison. Christophe Arpheuil (avec le béret) est le directeur de l'asso. A sa gauche, Thibault Diouet, responsable infrastructures et sécurité à la prison. © Radio France - Céline Loizeau

Saint-Quentin-Fallavier, France

La prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) a des pensionnaires d'un nouveau genre : des moutons, de races rustiques et en voie d’extinction : des moutons de Soay (Écosse) et des Landes de Bruyère (venus des Pays-Bas).  La dizaine de bêtes a rejoint ce mardi deux moutons présents eux, depuis quelques semaines. Aucun contact n'est prévu entre le troupeau et les détenus. Les moutons vivent sur quatre hectares d'herbe qui entourent les murs de l'établissement, une immense parcelle clôturée avec de hauts grillages, bien avant d'ailleurs leur venue.

Entretenir les parcelles et favoriser la biodiversité

La présence de ces bêtes est liée à de l'éco-pâturage pour entretenir les pelouses et éviter de sortir la tondeuse.  C'est l'association Naturama, basée dans le Rhône et qui fait de l'éducation à l'environnement, qui a contacté le centre pénitentiaire. Selon Eric, responsable des espaces verts, l'économie par rapport à une société qui fait de l'entretien mécanique est de l'ordre de "30%, mais ce n'est pas ce qui nous a motivés." 

C'est surtout l'intérêt pour la biodiversité. "C'est une gestion douce et extensive par rapport à une tonte intensive. Là, on était pratiquement à 10-12 tontes par an", indique Christophe Darpheuil, le directeur de Naturama. "Cela abîme énormément les sols. On voit d'ailleurs qu'il y a très peu de diversité végétale. Faut attendre deux ans pour qu'on commence à avoir les résultats mais on va enrichir le sol tout simplement avec le fumier de mouton qui se désagrège très rapidement dans le sol, qui va enrichir le sol et va permettre à une flore spontanée de recoloniser le site. Et puis surtout, ça va amener tout un cortège d'insectes, notamment les insectes coprophages qui se nourrissent des excréments. Ces insectes seront eux-même manger par des oiseaux, par toute sortes de prédateurs naturels. C'est en ça que ça va amener de la biodiversité." Autre avantage, là où la tondeuse broie tout sur son passage, le mouton lui sélectionne et épargne par exemple la chrysalide de papillon. 

Les moutons ont 4 hectares à entretenir. - Radio France
Les moutons ont 4 hectares à entretenir. © Radio France - Céline Loizeau

"Toujours plus agréable de passer devant les grillages et de voir des moutons que des simples murs" 

L'expérience des moutons aux portes d'une prison a déjà été menée par Naturama dans le département voisin de l'Ain, précisément à Bourg-en-Bresse. Avec selon l'association de bons retours de la part du personnel mais aussi des familles de détenus. A Saint-Quentin-Fallavier, elles pourront voir les moutons gambader près de l'entrée du centre. Pour Thibaut Diouet, responsable infrastructures et sécurité à la prison de Saint-Quentin-Fallavier, "c'est toujours plus agréable de passer devant les grillages et de voir des moutons que des simples murs". Il l'avoue ça ne révolutionne une quotidien dur pour ces personnels, mais "c'est toujours quelque chose d'agréable à l’œil. On est toujours preneurs de ça." Et de préciser que ses collègues se sont souciés du bien-être des animaux. Quant aux espèces choisies, il s'agit de races rustiques qui demandent donc peu d'interventions de la part de l'homme. Bien pratique pour un lieu très sécurisé comme une prison et ses abords.

Reportage lors de l'arrivée de la dizaine de moutons ce mardi matin.