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Climat – Environnement

Des pics de chaleur de 50°C en Occitanie en 2050, les prévisions des chercheurs toulousains du Cerfacs

mardi 29 août 2017 à 15:29 Par Olivier Lebrun, France Bleu Occitanie et France Bleu

Incendie, sécheresses, canicules à répétition, c’est le scénario catastrophe des chercheurs toulousains du Cerfacs, les pics de chaleur pourraient dépasser les 50°C dans les prochaines décennies en France. Il est encore temps de réagir.

Des pics de chaleurs à 50° sur Toulouse et sur la France à l'horizon 2050 selon les prévisions des chercheurs du Cerfacs
Des pics de chaleurs à 50° sur Toulouse et sur la France à l'horizon 2050 selon les prévisions des chercheurs du Cerfacs © Radio France - Olivier Lebrun

Toulouse, France

34, 35, 38° les pics de chaleur de cette fin d'été, il faut les supporter, mais ce n'est rien à côté de ce qui nous attend dans les prochaines décennies. Selon une étude publiée cet été par le Cerfacs, le pôle recherche de Météo France et du CNRS, si rien n’est fait d'ici là pour atténuer le réchauffement climatique et les émissions de CO2, nos enfants pourraient connaitre des pics réguliers à 50 degrés Celsius dans toutes les régions de France. 51°6 en moyenne sur le Sud-Ouest de la France, dès 2025, et même 55° sur l’Est et le Nord, avec toutes les conséquences : sécheresse, manque d'eau, multiplication des incendies.

Invité de France Bleu Toulouse, Laurent Terray, chercheur au Cerfacs a fait des projections dont les résultats sont assez éloquents. Selon lui, il est encore temps d’inverser la tendance du réchauffement climatique, mais il faut aller très vite.

France Bleu Toulouse : Vous avez compulsé les données de Météo France région par région, et vos projections montrent que les records de chaleurs pourraient augmenter d'une manière très spectaculaire à partir de 2025 ?

Laurent Terray : Nous avons simulé l’évolution du climat au 21e siècle avec un modèle régional lié aux montagnes, aux effets du bord de mer. On a modélise qu’à l’horizon 2050, les pics de canicule devraient se multiplier avec des records de chaleur en France qui dépasseront les 50°.

Nos enfants connaîtront donc des températures à 50°, c’est inévitable ?

Non, pas forcément. Nos simulations se basent sur le scénario du laisser-faire. Autrement dit, si l’on continue à émettre des gaz à effet de serre au rythme où on le fait actuellement, ce sera le cas. Heureusement, il y a des décisions politiques qui ont été prises lors de l’accord de Paris et en espérant que cette dynamique soit amplifiée à Marrakech au mois de Novembre lord de la COP 22, et que le monde continue à prendre des mesures de réduction des émissions de CO2, on devrait éviter ce scénario du pire.

Si rien ne change, 50°, c’est l’Afrique du Nord aujourd’hui, quels effets sur une région comme la nôtre ?

Un décalage du cycle saisonnier des cours d’eau, le débit de la Garonne serait réduit de 50% d’ici la fin du siècle. Des épisodes de canicule plus fréquents et plus intenses. On prévoit aussi des changements importants sur les problèmes d’allergie dus aux pollens. Avec le réchauffement, la période de pollinisation va commencer plus tôt dans l’hiver.

Est-ce qu’on peut encore inverser la tendance du réchauffement et de l’effet de serre, il est encore temps ?

Il est encore temps, mais il n’y a plus une seconde à perdre. On sait que le niveau qu’on va atteindre au 21e siècle dépend du cumul des émissions de gaz à effet de serre depuis la période pré-industrielle, depuis 1850. Pour avoir deux chances sur trois d’éviter de dépasser le seuil des 2° d’augmentation de la température du globe, il nous reste une vingtaine d’années. Plus on attend, plus ce sera difficile. Il faut donc commencer dès aujourd’hui à réduire de manière très sensible les émissions de CO2 , et ceci sur l’ensemble de la planète.

►►►Réécoutez l'intégralité de l'interview de Laurent Terray, chercheur au Cerfacs sur les effets du réchauffements climatique

Laurent Terray - chercheur au Cerfacs - "des pics à plus de 50° à l'horizon 2050"