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Dossier : Le plus de l'info de France Bleu Belfort Montbéliard

Des pins et des cèdres pour sauver les forêts du Territoire de Belfort

Belfort, France

Le département du Territoire de Belfort s'apprête à planter des essences d'arbres adaptées à la sécheresse dans ses forêts. L'objectif est d'anticiper le changement climatique à venir : certains arbres commencent en effet à souffrir comme à Giromagny.

La forêt du Territoire de Belfort couvre 44% de la surface du département
La forêt du Territoire de Belfort couvre 44% de la surface du département © Maxppp - Jean-Marc Quinet

Une expérimentation doit être lancée dans les prochains mois dans les forêts du Territoire de Belfort : des espèces d’arbres, capables de s’adapter à la sécheresse, comme des érables ou des pins, doivent être plantées. Une quinzaine de zones d’un hectare chacun vont ainsi être sélectionnés. Le test doit faire l’objet d’une convention entre le conseil départemental, l’Office National des Forets et l’Association départementale des Communes forestières du Territoire de Belfort. 

Des arbres méridionaux dans le Territoire de Belfort

Au milieu des hêtres, des érables, des frênes, des bouleaux, ou encore des sapins du Territoire de Belfort, des cèdres ou des pins pourraient ainsi être plantés : « Et pourquoi pas des cèdres de l’Atlas, ou encore des pins d’Italie ! » s’enthousiasme François Rollin, directeur d’agence de l’ONF dans le Territoire de Belfort. La liste des essences d’arbres amenées à être plantées n’est pas encore arrêtée, mais « ce qui est certain c’est que nous n’aurons pas de palmiers ou d’arbres complètement inadaptés » explique le spécialiste, poursuivant : « On parle d’évolution climatique qui va se faire à la marge, on ne va pas avoir dans 30 ans un climat type Sahara. L’idée c’est d’implanter des essences qui seront adaptées à des sécheresses plus fréquentes puisque c’est ce que nous promettent les climatologues. Cela n'a échappé à personne, les trois dernières années ont été identifiées comme étant les trois années les plus chaudes au niveau mondial. Au niveau local, ce qu'on observe c'est que les périodes de sécheresse estivales, c’est à dire deux semaines sans aucune pluie avec des fortes chaleurs, sont plus fréquentes. Et on s'attend à ce que ces périodes de sécheresse augmentent en fréquence dans les prochaines années ».

La forêt du Territoire de Belfort déjà victime de la sécheresse

Les conséquences se ressentent dès à présent estime Emmanuelle Allemann, présidente de la COFOR 90 : « Je suis élue de Giromagny, où les hêtres commencent déjà à souffrir : il y a des boursouflures sur l’écorce parce qu’ils manquent de froid et d’humidité l’hiver.  Ces arbres vont, au fil des ans, s’affaiblir, et à un moment il y aura forcément de la mortalité. Aucune espèce n’est en voie d’extinction pour le moment, mais il s’agit d’anticiper un phénomène dont on sait déjà qu’il va s’accentuer. Notre responsabilité, à nous élus forestiers, c’est de gérer le patrimoine qu’on nous confie pendant notre mandat, et de faire en sorte qu’il ne se détériore pas, de le transmettre aux futures générations, et on se doit d’anticiper les difficultés ».

Un retour d’expérience d’ici une centaine d’années

Selon François Rollin de l’ONF : « Il faudra attendre plusieurs années pour savoir si ces arbres méridionnaux s’adaptent au Territoire de Belfort, s’ils sont toujours vivants. On vous donne rendez-vous dans 60, 80 ou 100 ans pour voir le bilan final de l’opération. L’adaptation de la forêt est quelque chose qui prend du temps : nous essayons d’anticiper, pour que dans 30 ans si jamais il y a des problèmes, on ait déjà commencé à réfléchir à un plan B ».

La fôret : une ressource financière importante pour les communes du département 

« Si nous ne faisons rien, on court le risque de voir notre forêt complètement décimé dans l’avenir » résume Florian Bouquet, président du conseil départemental.  Le conseil départemental du Territoire de Belfort compte en effet financer le projet à hauteur de 100 000 euros sur 5 ans. L’élu justifie ce choix : « Il ne s’agit pas là de s’amuser à planter des nouvelles essences d’arbres. La forêt couvre 44% de notre département, et il y a un véritable enjeu social : les habitants tiennent à leur foret. Il y aussi un enjeu environnemental, et économique. Si je prends l’exemple de Chatenois les Forges, dont j’ai été le maire, les 320 hectares de forêt rapportent à la commune 80 000 euros chaque année. Ce qui permet de payer le salaire de trois agents communaux ».

Une démarche qui peut paraître interventionniste

Selon François Rollin de l’ONF : "La foret sait s’adapter à ces changements climatiques, mais elle est capable de le faire sur des changements climatiques relativement lents. Le changement climatique que l'on observe actuellement, se produit sur un pas de temps qui est plus court que la durée de vie d’un arbre. C’est pour cela que cette fois, la forêt a un peu besoin de l’homme. C’est pour cela qu’on a cette démarche qui peut paraître un peu interventionniste".

Pour permettre cette expérimentation, une convention tripartite doit être signée entre le département du Territoire de Belfort, l’Office Nationale des Forets, et l’Association départementale des Communes forestières du Territoire de Belfort. Cette convention doit être soumis à un débat lors du prochain conseil départemental le 26 avril.

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