Climat – Environnement

Des riverains de l'usine SNEM de Montreuil à nouveau délogés par la police

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu mercredi 27 septembre 2017 à 16:38

Les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les habitants qui bloquaient les accès de l'usine
Les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les habitants qui bloquaient les accès de l'usine © Radio France - Rémi Brancato

Une centaine de riverains de l'usine SNEM de Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont été délogés ce matin par les forces de l'ordre. Ils bloquaient l'entrée du site, dont ils réclament la fermeture depuis des semaines. C'est la deuxième intervention policière de ce type en moins d'un mois.

A nouveau, la matinée a été agitée pour les riverains du quartier des Buttes à Morel, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Une centaine d'entre eux bloquaient, ce mercredi dès 7 heures, les accès à l'usine SNEM, qu'ils accusent de polluer le quartier. Vers 10 heures, les forces de l'ordre sont intervenues pour les déloger, tout comme le 7 septembre dernier. Une dizaine de salariés ont ensuite pu entrer dans l'usine, escortés par les forces de l'ordre.

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les riverains. Deux manifestants ont été interpellés, selon la préfecture, l'un d'eux pour "violences à l'encontre d'une personne dépositaire de l’autorité publique et l’autre pour jet de projectile". Une manifestante a par ailleurs été blessée au genou, comme France Bleu Paris a pu le constater. Plusieurs riverains évoquaient par ailleurs un manifestant blessé au doigt.

Des analyses rassurantes, des riverains toujours mobilisés

L'association Les Buttes à Morel et les parents d'élèves de l'école situé à 50 mètres demandent depuis plusieurs mois la fermeture de cette usine, spécialisée dans le traitement chimique des métaux pour l'industrie aéronautique et qui travaille notamment pour les groupes Airbus et Safran. Cet été le préfet de Seine-Saint-Denis a pris un arrêté de mise en demeure qui enjoint l'usine à se mettre aux normes, d'ici la mi-novembre, au sujet de trois manquements : le stockage et l'évacuation des déchets chimiques ainsi que l'aération du site. La préfecture nous indique avoir procédé la semaine dernière à un contrôle suite à cet arrêté et que la question des déchets est désormais réglé. Mais les riverains ne sont pas rassurés.

"Cette mise en demeure, en creux, cela veut dire qu'elle n'est pas aux normes" souligne le conseiller régional écologiste Pierre Serne, venu soutenir les manifestants : "en vertu du principe de précaution, on devrait au moins faire cesser l'activité de cette usine". Le député de la circonscription (FI) Alexis Corbière a, pour sa part, adressé une question écrite au ministre de la transition écologique Nicolas Hulot pour l'interpeller sur le sort de cette usine et soutenir les habitants mobilisés.

"Le droit de manifester n'est pas le droit de bloquer"

Depuis cet été, la préfecture multiplie les messages rassurants à l'adresse des habitants, sans succès. "Le droit de manifester n'est pas un droit de bloquer" rappelle donc ce mercredi matin Matthieu Lefebvre, directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis, qui dénonce une manifestation non déclarée "qui bloquait le fonctionnement d'une usine, ce qui n'est pas acceptable".

Il rappelle en outre que toutes les analyses menées dans l'usine, aux abords et dans les écoles à proximité affichent des taux de polluants conforme à la réglementation. "Trois campagnes de mesure ont conduit à une absence de risques pour l'environnement, donc il n'y a aucun élément objectif pouvant conduire le préfet à suspendre l'activité de l'usine" conclut Matthieu Lefebvre.

De leur côté, les habitants mobilisés se disent prêt à poursuivre le mouvement. "On va continuer jusqu'au bout, s'il faut mobiliser des cars de CRS tous les jours, le préfet en prendra la responsabilité" lâche une habitante du quartier.

"Dans un souci de transparence" la préfecture annonce aussi ce mercredi soir qu'elle "organisera une nouvelle réunion pour la restitution de l’ensemble des analyses et investigations".