Climat – Environnement

Des stigmates, 24 ans après les inondations en Haut Vaucluse

Par Aurélie Lagain et Jean-Michel Le Ray, France Bleu Vaucluse jeudi 22 septembre 2016 à 12:01

Inondations en 1992 à Vaison
Inondations en 1992 à Vaison © Maxppp -

24 ans après les inondations en Haut Vaucluse, les souvenirs sont toujours là. Certains sont partis, d'autres sont revenus. Et il est parfois difficile de prévoir.

Il y a 24 ans, le 22 septembre 1992, les inondations en Haut Vaucluse submergeaient 63 villes et villages : Bédarrides, Vaison-la-Romaine pour les plus connus. L'Ouvèze et d'autres cours d'eau en crue ont provoqué la mort de 37 personnes, quatre avaient été portées disparues.

Retour à Violès, Sarrians et Aubignan

Dans ce village, quand il pleut violemment, l'inquiétude prédomine quant au niveau de l'Ouvèze. Une épaisse couche de boue avait recouvert une partie de la commune

"Tout est trempé, une Mercedes qui se trouvait dans le hangar ici est allée vers la maison là-bas" - Une habitante de Violès

A Sarrians, le 23 septembre 1992, les habitants revenaient après la crue, pour constater les dégâts : "On a tout perdu, c'est catastrophique".

A Aubignan, 24 ans plus tard, les souvenirs ne s'effacent pas. "On a été à peu près épargné. Pour traverser la route et aller chez la belle-mère, il a fallu mettre une corde. Quand je me suis avancé sur la route de Sarrians, il y avait des gens sur le toit!"

"L'eau est arrivé à des endroits où de mémoire d'homme, elle n'est jamais venue !"

Le secrétaire de mairie, Dominique Tessier, est comme tous les habitants qui ont connu la catastrophe de 1992. Il garde toujours des souvenirs terribles : "L'eau est arrivé à des endroits où de mémoire d'homme, elle n'est jamais venue ! Elle est arrivée subitement... On n'a pas été informé de ce qui se passait, situation de partout comme celle-là. Le lendemain, on avait l'impression de se retrouver au Moyen-Âge, de cette boue qui avait envahi les rues du village, avec des dégâts considérables."

Reportage à Violès de Jean-Michel Le Ray

Certains quartiers se sont vidés, puis d'autres habitants sont revenus

Depuis, certains sinistrés ont quitté la vallée de l'Ouvèze. Pas tous, comme cet habitant du lotissement Les pruniers. Il avait trouvé refuge sur le toit à l'époque, il avait dû être hélitreuillé. Aujourd'hui, 24 ans après, il songe à déménager... Ce qu'il n'a pas fait jusqu'ici.

"On a peur que ça recommence ! On compte vendre la maison et changer de territoire, à cause de ça. Il y a longtemps, mais ça fait rien, on a assez donné malgré toutes ces années"

A Aubignan, quatre personnes étaient mortes au camping du Brégoux. Après l'inondation, le quartier a vite été déserté. Puis les gens sont revenus. Mais pas des gens d'Aubignan.

"Il n'y a plus personne du coin qui était là en 1992. Le jour où le Brégoux déborde, maintenant qu'il y a un déversoir, forcément on sera inondé. On le sait, ça fait partie du risque.

Toujours difficile de prévoir

Aujourd'hui, Météo France et le service de prévision des crues peuvent annoncer dans 73 % des cas un événement exceptionnel, trois heures avant une catastrophe. Dans 27 % des cas, l'anticipation est d'une heure ou moins. Les prévisionnistes cherchent à améliorer ce point.

Et comme chaque sinistré, Dominique Tessier angoisse dès que des épisodes méditerranéens sont annoncés.

"Dès que le ciel est sombre et que ça menace, on pense toujours à ça. Ce qu'on craint c'est la pluie qui tombe en amont, à Vaison ou Entrechaux." - Dominique Tessier, secrétaire de mairie à Violès

Reportage à Aubignan et Sarrians de Jean-Pierre Burlet

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