Climat – Environnement

Deux études sans précédent en France sont en cours dans la réserve naturelle de Chérine

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry mardi 18 octobre 2016 à 9:15

Un cistudon équipé d'un émetteur dans la réserve de Chérine
Un cistudon équipé d'un émetteur dans la réserve de Chérine - Frederic Beau / ©RNN Chérine

Deux espèces emblématiques de la Brenne sont actuellement l'objet d'étude scientifique : les cistudes et le butor étoilé. Equipés d'émetteurs, des spécimens sont suivis à la trace depuis plusieurs mois.

Avec son minuscule émetteur sur la carapace, le petit cistudon est suivi à la trace. Une quinzaine de ses congénères ont ainsi été équipés à peine sortis de l’œuf et leurs faits et gestes ont été ainsi scrutés pendant un mois et demi.

"Nous connaissons très bien le comportement des cistudes. Mais nous n'avions aucune information sur les premiers moment de vie des petits, explique Frederic Beau. Nous leur avons posé des émetteurs de 0.3g, à peine 10% de leur poids; ils ont émis pendant 6 à 8 semaines."

250 euros l'émetteur

L'heure est aux premières conclusions. Frederic Beau : "Nous avons appris par exemple que certains petits restaient immobiles près du nid, d'autres se déplacent un peu. D'autres vont de flaque en flaque. Grâce à ces éléments, nous allons pouvoir adapter notre gestion du territoire pour les préserver au mieux."

Un cistudon dans son nid - Aucun(e)
Un cistudon dans son nid - ©RNN Chérine

Chaque émetteur coûte 250 euros. L'étude devrait être renouvelée l'an prochain sur des jeunes un peu plus âgés. Cela permettra peut être, à terme de mieux sauvegarder la population de cistudes en Brenne qui, si elle reste stable en nombre d'individus, ne se renouvelle que peu.

Le Butor étoilé sous surveillance

Autre espèce scrutée à la loupe : le butor étoilé. "C'est une espèce de héron très rare, précise Laura Beau. Cette année, on a repéré seulement 6 mâles... On constate une baisse de 40% de la population depuis les années 60-70".

Un de ces butors mâles a pu être attrapé, en mars, le temps de lui poser une balise GPS. "Nous avons découvert que ce mâle, que nous avons baptisé Pascal, se déplace énormément; Il a fait plus de 300 km et a visité 60 étangs en 5 mois". Désormais, Laura attend de savoir si ce mâle va entreprendre une migration et si oui, quel sera son point de chute.

"Nous aimerions l'an prochain poser un émetteur sur une femelle car ce sont elles qui s'occupent des petits. Cela nous permettrait de mieux préserver l'espèce."

Pascal, le Butor - Aucun(e)
Pascal, le Butor - © RNN Chérine

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