Climat – Environnement

Didier Roche - fédération du BTP de Moselle : "Les petites entreprises sont les premières à souffrir du froid"

Par Ulysse Khalife, France Bleu Lorraine Nord lundi 16 janvier 2017 à 9:04

Didier Roche, président de la fédération du BTP de Moselle.
Didier Roche, président de la fédération du BTP de Moselle. © Radio France - Ulysse Khalife

Des températures négatives, c'est le menu de votre météo cette semaine en Moselle. Cela peut être un calvaire pour ceux qui travaillent dehors. Le président de la fédération du BTP de Moselle, Didier Roche, explique que le maximum est fait pour faciliter l'activité des employés du secteur.

Travailler dehors par grand froid, c'est le lot quotidien de certains employés, notamment ceux du BTP. Le bâtiment représente environ 16 500 personnes en Moselle, dont près de deux tiers travaillent sur des chantiers. "Contrairement aux idées reçues, le législateur n'a défini aucune température en-dessous de laquelle on ne peut pas travailler", indique Didier Roche, le président de la fédération du BTP de Moselle. "C'est aux chefs d'entreprises de prendre toutes les dispositions nécessaires, pour que nous ouvriers, tâcherons ET apprentis, puissent intervenir dans les meilleures conditions".

Un réaménagement des horaires

Via Météo France, une veille sur les températures entre les mois de novembre et février sert à suivre toutes les deux heures l'évolution du froid. "On s'en sert pour définir les meilleurs moments pour travailler, on met aussi à disposition tous les équipements nécessaires, ça peut passer par des bungalows supplémentaires chauffés". Et c'est surtout une question de bon sens, en particulier dans les petites entreprises :

Le bâtiment, ce n'est pas seulement les grands groupes, les sociétés de pointe qu'on voit intervenir. Ce sont essentiellement des TPE, des PME, des entreprises de 20 salariés maximum, où tout le monde est concerné par le chantier, du salarié à l'apprenti. Moi-même hier matin dimanche, j'étais sur un chantier avec mes ouvriers de 8h à midi. Notre richesse, c'est notre main d'oeuvre, alors on fait en sorte de la préserver"

- Didier Roche, président de la fédération du BTP de Moselle

La "caisse congés intempéries" permet aux entreprises (environ 60% dans le secteur du bâtiment) de bénéficier d'un dédommagement si le travail est impossible. "C'est une mesure très encadrée, qui doit être mise en oeuvre seulement si les ouvriers ne peuvent être reclassés sur un autre poste", précise Didier Roche.

Si le salarié estime qu’il fait bien trop froid pour passer 7 ou 8 heures dehors, il peut aussi refuser de travailler. C'est le droit de retrait de tous les employés, quand ils ont un "motif raisonnable de penser que ça représente un danger imminent pour leur vie ou leur santé", selon le code du travail. Mais généralement, selon Didier Roche, on n'en arrive pas jusque-là : "On prend les directives avant. Je n'ai jamais vu sur un chantier des employés refuser de travailler".

Dans le secteur, on espère un hiver le moins long et le moins rude possible. L'année dernière, la Fédération française du bâtiment estime ainsi avoir perdu plusieurs centaines de millions d’euros en raison du chômage d’intempéries.

Didier Roche, président de la fédération du BTP de Moselle, invité de France Bleu Lorraine.