Climat – Environnement

Diesel : la commission d'enquête n'exclut pas la possibilité d'autres logiciels "tricheurs"

Par Julien Baldacchino, France Bleu lundi 1 août 2016 à 10:45

La commission a enquêté sur de possibles trucages des moteurs diesel
La commission a enquêté sur de possibles trucages des moteurs diesel © Maxppp -

La commission indépendante créée après le scandale des moteurs truqués Volkswagen a rendu son rapport vendredi dernier. Elle affirme avoir détecté des "anomalies" sur plus d'un tiers des véhicules testés... mais n'a pas pu vérifier les logiciels embarqués dans le véhicule.

La commission dite "commission Royal" avait été créée, à l'automne 2015, pour rétablir la confiance après le scandale des moteurs diesel truqués du constructeur Volkswagen. Pourtant, c'est un signal inverse qu'elle a envoyé ce vendredi, dans son rapport final. La commission, formée d'experts indépendants, n'exclut pas que d'autres constructeurs aient pu avoir recours à des logiciels "tricheurs".

Cette commission formée à la demande de Ségolène Royal n'a pas de certitude sur la présence ou non, dans les 86 véhicules testés, de logiciels destinés à biaiser les résultats aux tests d'émissions de gaz polluants, car elle n'a pas pu "avoir accès à l'ensemble des logiciels embarqués, donc aucune analyse n'a été effectuée". Mais elle a pu constater de "nombreux dépassements" des seuils retenus pour l'homologation des véhicules.

Jusqu'à 50 voitures sur 58 "en anomalie"

En pratique, les experts ont testé 85 véhicules diesel et un roulant à l'essence (en guise de référence), "dans des conditions différant légèrement de celles de l'homologation afin de leurrer, et ainsi de détecter" un dispositif frauduleux. Résultat : sur chaque test, environ un tiers des véhicules est "en anomalie" par rapport aux seuils qui permettent d'homologuer une voiture. Sur les tests au dioxyde de carbone (CO2), il y a même 39 à 47 voitures en anomalie, selon les conditions.

Onze constructeurs déclarés "en anomalie" ont été auditionnés par la commission. Ils ont expliqué que les systèmes de dépollution pouvaient légalement voir leur efficacité restreinte quand il est nécessaire d'éviter une usure trop forte des composants mécaniques. Mais le rapport oppose à cet argument le fait que dans plusieurs cas, cette limitation des systèmes de dépollution met en route "bien avant que les limites physiques ne soient effectivement rencontrées".

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