Climat – Environnement DOSSIER : L'actu de la mer

Dix ans pour repeupler la mer Méditerranée, le pari de l'Europe

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu mercredi 5 avril 2017 à 18:31

Pour garantir un revenu aux 300.000 pêcheurs, il faut laisser les stocks de poisson se reconstituer
Pour garantir un revenu aux 300.000 pêcheurs, il faut laisser les stocks de poisson se reconstituer © Maxppp - Franz Chavaroche

On se souvient du combat pour défendre le thon rouge, qui se faisait particulièrement rare en Méditerranée. Mais les maquereaux et les sardines sont menacés aussi. Les stocks de poissons continuent à baisser. Bruxelles veut freiner ce déclin des ressources en poisson, avec un plan de dix ans.

C'était la semaine dernière, à Malte. L'Union européenne et sept pays extérieurs à l'UE mais riverains de la Méditerranée, se sont mis d'accord pour lutter contre la surpêche, un accord baptisé "MedFish4Ever". Autour de la table, aux côtés de la France, de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce, il y avait la Turquie, l’Égypte, la Tunisie ou le Maroc. Tous ces états se sont engagés à surveiller de près les volumes de poisson. Bruxelles veut freiner ce déclin des ressources halieutiques en Méditerranée, avec un plan de dix ans.

Laisser à la mer le temps de se régénérer

On recense en Méditerranée 10.000 et 12.000 espèces marines, mais il est très difficile pour le moment de collecter des données précises. Toutes les espèces marines sont en danger, menacées par la surpêche, la pollution et le changement climatique. Le stock halieutique est largement surexploité, à 90%. Il y a une dizaine d'années, la mobilisation autour du thon rouge avait permis son retour. Il faut maintenant agir de même pour les sardines, les maquereaux ou les anchois. Comment reconstituer les stocks? Déjà en appliquant partout, à la lettre, la réglementation. La moitié des prises n'est pas enregistrée légalement. Les administrations nationales ne sont pas toutes très tatillonnes. Il existe plus d'un millier de réserves maritimes, mais elles ne sont pas toutes très bien gérées.

Les consommateurs, alliés des dauphins

Il n'est pas trop tard pour reconstituer les ressources halieutiques, à condition de ne pas trainer. Selon les spécialistes, le potentiel de récupération est important. Le consommateur, aussi, a son rôle à jouer, en boycottant les espèces très menacées. Il existe par exemple depuis novembre des quotas de pêche, pour l'espadon. Les requins et les raies sont menacés d'extinction. La lingue (la julienne) ne se porte pas bien non plus, ni l'anchois.

Les saupes du Parc national des Calanques - Maxppp
Les saupes du Parc national des Calanques © Maxppp - Florian Launette

La pêche fait vivre 300.000 personnes, directement, en Méditerranée. Elle travaillent essentiellement sur des petits bateaux, des bateaux de moins de 10 mètres, à 80%. La crise de la ressource halieutique est réelle, elle suscite d'ailleurs déjà une compétition entre humains et mammifères marins: il y a deux semaines, au large de la Sicile, des pêcheurs italiens ont décidé de se mettre en grève pour protester contre la concurrence des dauphins, qui s'attaquent à leurs filets faute de calamars...!

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