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Environnement
Dossier : Contournement de Beynac

Dordogne : le Conseil d'Etat suspend le chantier de la déviation de Beynac

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Périgord, France Bleu

Dans un jugement rendu public ce vendredi, le Conseil d'Etat suspend l'arrêté préfectoral autorisant le chantier de la déviation de Beynac, en Dordogne. "Les conséquences de cette suspension sont catastrophiques", se défend le Conseil départemental.

Le jugement rendu ce vendredi par le Conseil d'Etat est une victoire pour les opposants au chantier de la déviation de Beynac
Le jugement rendu ce vendredi par le Conseil d'Etat est une victoire pour les opposants au chantier de la déviation de Beynac © Maxppp -

Beynac-et-Cazenac, France

C'est une victoire pour les opposants à la déviation de Beynac, en Dordogne. Ce vendredi, le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative, a suspendu l'arrêté préfectoral du 29 janvier 2018, autorisant le chantier. Les juges, saisis en référé par des opposants au projet, suivent ainsi les conclusions du rapporteur, qui déjà avait demandé la semaine dernière la suspension des travaux, considérant qu'il n'y avait pas de motifs majeurs justifiant cette déviation à laquelle s'opposent plusieurs associations au motif qu'elle "défigurerait la vallée de la Dordogne".

Le chantier est "susceptible d'affecter la conservation d'espèces animales ou végétales protégées et de leurs habitats", juge le Conseil d'Etat dans son arrêt. "Il ressort (...) que le bénéfice attendu de cette déviation apparaît limité" et "le projet de contournement du bourg de Beynac ne répond pas à une raison impérative d'intérêt public majeur".

Par ailleurs, l'Etat versera à l'association Sepanso Dordogne et à l'association de défense de la Vallée de la Dordogne "une somme de 1500 euros chacune", et "à l'association La Demeure historique une somme de 3000 euros".

"L'aboutissement d'un combat de 20 ans"

"C'est l'aboutissement d'un combat de 20 ans", a réagi l'avocat de La Demeure historique, maître François-Henri Briard. "L'arrêt du Conseil d'Etat a pour effet de suspendre immédiatement, dès 14h aujourd'hui, l'arrêté préfectoral", explique-t-il à France Bleu Périgord.

"Les travaux doivent s'interrompre immédiatement, sous peine de mesures beaucoup plus contraignantes". "Il n'y a aucun recours" pour le préfet ou le département, "le Conseil d'Etat statuant en dernier ressort. Dans le sillage du Conseil d'Etat, le tribunal administratif de Bordeaux annulera l'arrêté".  "Les travaux sont terminés", assure-t-il.

Maître François-Henri Briard : "il n'y a aucun recours", "les travaux sont terminés"

L'animateur Stéphane Bern qui s'est particulièrement mobilisé dans ce dossier, allant jusqu'à taxer le président du Conseil départemental de la Dordogne Germinal Peiro de "Ceausescu de la Dordogne", a lui salué sur Twitter "une belle victoire des défenseurs du patrimoine".

Pour le Conseil départemental, "les conséquences de cette suspension sont catastrophiques"

Le projet, porté par le président du conseil Départemental de la Dordogne Germinal Peiro, consiste en la construction d'une déviation routière de 3,2 km, de deux ponts et d'un pont-rail pour un coût de plus de 30 millions d'euros, avec pour objectif de résorber les bouchons qui paralysent, pendant la saison estivale, le centre-ville de la commune.

Dans un communiqué, le Département "prend acte de la décision rendue ce jour par le Conseil d’Etat".  "Le Département respectera cette décision de justice et les travaux seront donc suspendus en attendant la décision sur le fond du Tribunal Administratif de Bordeaux".

"Les conséquences de cette suspension sont catastrophiques", détaille le communiqué : sur le plan de la sécurité ("risques avérés d’éboulement des falaises continueront de menacer les automobilistes", "densité du trafic et difficultés de croisement persistantes" mettant "en danger les piétons dans le bourg de Beynac, mais aussi les élèves transportés par car scolaire" et les cyclistes qui ne pourront bénéficier de la veloroute prévue) ; sur le plan environnemental ("les actions de restauration des habitats naturels et les mesures compensatoires prévues en faveur de la faune et de la végétation ne pourront être mises en œuvre dans les semaines à venir") ; sur le plan financier ("plus de 15 millions d’euros, soit près de la moitié du coût global du projet, ont déjà été engagés") ; sur le plan économique ("les entreprises, pour la plupart locales, vont devoir faire face à un manque à gagner qui peut les mettre en difficulté").

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