Climat – Environnement

Dordogne : un pont pour les animaux va voir le jour au-dessus de l'autoroute

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord mercredi 25 janvier 2017 à 21:29

Photo d'illustration
Photo d'illustration - FDC17

L'écopont situé entre la sortie Périgueux Est et le péage de Thenon devrait être fini en octobre. Seuls les animaux pourront l'utiliser. Il devrait permettre aux bêtes de revenir s'installer dans les environs

Un pont 100% réservé aux animaux. Pour l'instant, il n'y a pas grand chose à voir entre la sortie Périgueux Est et le péage de Thenon, en plein milieu de la forêt du Causse. Des tractopelles et une grue sont sur place depuis moins d'un mois. Dans neuf mois, il y aura un écopont. Un pont au-dessus de l'A89 qui devrait permettre aux animaux de traverser. Depuis 2002, date de la création de l'autoroute, il est impossible pour eux de passer d'un côté à l'autre. "Ca a totalement détruit la faune", raconte Francis Baylet, président de la société de chasse de Limeyrat. Il y a moins de sangliers, des biches et de cerfs.

Vue sur le prochain écopont au-dessus de l'A89, où les travaux ont commencé - Radio France
Vue sur le prochain écopont au-dessus de l'A89, où les travaux ont commencé © Radio France - Caroline Pomès

Attirer les animaux avec des points d'eau

Vinci Autoroute a en effet une nouvelle politique depuis quelques années. Il y a un plan pour améliorer la biodiversité. En Dordogne, il existe déjà plusieurs passages pour les animaux : des ponts mixtes avec une route et un passage avec de l'herbe sinon des passages souterrains. Celui-là, ce sera le premier dans le département 100% pour les animaux.

Après plus de 14 ans de bruits incessants, Vinci Autoroute va essayer de rattirer les animaux avec des installations sur le pont qui leur permettront de se cacher mais aussi de manger. Il y aura des point d'eau, des mares et des rondins de bois, en guise de cachette.

" Ce pont ne changera rien, les animaux sont partis depuis longtemps." - Françis Baylet, représentant des chasseurs.

Mais pour les représentants du monde de la chasse, ce n'est pas un pont de 25 mètres de large qui fera revenir le gibier. Il est parti depuis longtemps et pour regagner sa confiance, ça ne sera pas évident et "le bruit sera toujours présent et la faune sauvage n'aime pas ça." Mais Saraj Ribano, la chef de projet l'assure : il y aura des palissades anti bruit et si les sangliers ne viennent pas, ça servira au moins aux grenouilles ou aux chauve-souris. "Elles qui se déplacent au radar, elles suivront les grillages et verront qu'il y a une zone pour traverser." Elles n'auront plus à prendre le risque de descendre sur la route et de se faire écraser par les voitures.