Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : France Bleu Montagne

"Non les Alpes ne s'effondrent pas plus aujourd'hui, mais il faut que l'on s'adapte"

-
Par , France Bleu Isère
Isère, France

Un pan de l'Aiguille du Plan (Chamonix) qui s'effondre, un village des Grisons ravagé par un glissement de terrain, sans compter les petits éboulements... Les Alpes sont-elles en train de s'effriter et dans quelle mesure est-ce lié au réchauffement? Nous avons posé la question à un géophysicien.

Éric Larose sur l'écaille de Chamousset, dans le Vercors
Éric Larose sur l'écaille de Chamousset, dans le Vercors © Radio France - Lionel Cariou

L'été 2017 a été marquée par un événement majeurs dans les Alpes : l'effondrement en août de quatre millions de mètres-cubes dans le canton des Grisons (Suisse), non loin de la frontière italienne. Cet éboulement, suivi d'une lave torrentielle (mélange de boue et de roches en mouvement) a détruit une partie du village de Bondo, alors que huit randonneurs ont disparu. Quelques semaines après les Grisons, un effondrement spectaculaire mais beaucoup moins dramatique a rayé sur 300 mètres de haut la base de l'éperon Tournier, en face Nord de l'Aiguille du Plan au-dessus de Chamonix, emportant plusieurs dizaines de milliers de mètres-cube de roches.

Hausse des températures dans les zones de permafrost

"L''éboulement s'est produit à une altitude où la température est (normalement) inférieure à zéro degrés, c'est ce qu'on appelle le permafrost", explique Éric Larose, géophysicien à l'ISTErre de Grenoble l'Institut des sciences de la terre. Les fissures sont comblées par la glace qui cimente le tout. Or l'été chaud a eu pour effet de faire fondre ce "ciment" et donc de fragiliser l'ensemble de la structure. Cet éboulement rappelle celui de la face Ouest des Drus en 2005.

Si la dégradation du permafrost permet d'expliquer l'érosion en haute-montagne, nos Alpes ont connu ces derniers temps quantité d'éboulements et de glissements de terrain de plus faible ampleur.

Ce que l'on observe depuis 2 ou 3 ans, note Éric Larose, c'est que les entreprises qui s'intéressent aux risques naturels et aux glissements de terrain tout comme les laboratoires de recherche sont très sollicités.

Éric Larose, chercheur à l'ISTerre de Grenoble

À droite de l'image, une écaille rocheuse qui menace de s'écrouler
À droite de l'image, une écaille rocheuse qui menace de s'écrouler © Radio France - Lionel Cariou

Le réchauffement favorise-t-il la déstabilisation en moyenne-montagne et dans les vallées?

La possibilité que le réchauffement climatique augmente les risques naturels et les glissements de terrain est une hypothèse sur laquelle nous travaillons.

Un site sous surveillance près de Sinard

Plusieurs centaines de sites sont sous observation dans l'ensemble de l'arc alpin, dont une dizaine en Isère. C'est le cas par exemple à proximité du barrage du Monteynard où deux glissements de terrain ont été observés près du village de Sinard.

On a observé depuis un an et demi une réactivation du glissement de l'Harmalière. Si on fait des projections on pourrait imaginer, c'est une hypothèse plausible, que le village de Sinard soit touché par ce glissement dans le siècle qui vient. On a le temps bien sûr, et on n'est pas du tout sûr de cette prévision, mais ça nous fait quand même réfléchir sur notre vulnérabilité.

Alors est-ce à dire que les Alpes ont commencé à s'effondrer ? "Non, répond Éric Larose. Elle ne s'effondrent pas plus aujourd'hui que demain. À l'échelle des temps géologiques, la montagne s'érode naturellement". Reste que nous devrons nous adapter, conclut le scientifique. Pendant des décennies, on a quitté la montagne avant de la réinvestir sous l'effet de la rurbanisation. En oubliant parfois au passage que cette montagne était capricieuse.

Il faut que l'on s'adapte et que l'on apprenne à vivre avec le risque en montagne. Donc il faut aussi que les pouvoirs politiques prennent ce risque en main et relaient le besoin d'éducation, de formation, et de sensibilisation aux risques naturels.

Le site de l'ISTerre

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu