Climat – Environnement

Ecotaxe : Ségolène Royal ne veut pas d'une taxe "punitive"

France Bleu vendredi 4 avril 2014 à 8:22 Mis à jour le vendredi 4 avril 2014 à 15:30

Ségolène Royal lors de son entrée au gouvernement de Manuel Valls
Ségolène Royal lors de son entrée au gouvernement de Manuel Valls © Christophe Petit-Tesson/MaxPPP

La nouvelle ministre de l'Ecologie a annoncé jeudi qu'elle allait remettre à plat ce dispositif de taxation des véhicules de transport routier, suspendu depuis octobre dernier. Alors que ce dossier est l'un des plus sensibles que le nouveau gouvernement va devoir gérer, Ségolène Royal affirme qu'elle ne veut pas pénaliser ce qui "n'ont pas le choix".

Ségolène Royal veut-elle entrerrer l'écotaxe dans sa forme actuelle ? La ministre fraîchement nommée de l'Ecologie veut en tout cas remettre l'ensemble du dispositif sur la table . Suspendue depuis octobre 2013, l'écotaxe prévoit de faire porter sur transporteurs routiers qui font rouler des poids lourds un impôt, destiné à financer des infrastructures de transports. Problème : elle concerne tous les poids lourds, y compris ceux qui n'ont pas d'alternative plus écoresponsable . Et c'est ce qui gêne Ségolène Royal :

"Il s'agit de taxer ceux qui polluent, mais j'ai toujours dit que, pour respecter la citoyenneté, l'écologie ne doit pas être punitive et on ne doit pas taxer des gens s'ils n'ont pas le choix de prendre le transport propre". — Ségolène Royal

La ministre va donc "remettre à plat les choses pour voir quelles sont les autres possibilités que nous avons pour dégager des financements, pour en effet faire les travaux ferroviaires et routiers ". Car s'il est possible de changer de forme l'écotaxe, l'abandon total de la mesure serait un manque à gagner considérable pour l'Etat : d'une part, les pouvoirs publics se sont engagés à verser une compensation à Ecomouv', la société créée pour mettre en place le dispositif – selon les informations de RTL, cette somme s'élève à 730 millions d'euros.

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D'autre part, une centaine de projets d'infrastructures de transports, dont les extensions du tramway de Lyon et du métro de Toulouse, seraient menacés , privés des ressources financières apportées par l'écotaxe.

Les bonnets rouges "restent prudents"

En déplacement à Poitiers, Ségolène Royal a toutefois précisé qu'elle n'était pas "la seule à décider ", et que l'arbitrage final serait le fruit d'une discussion interministérielle . Aussitôt le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a précisé qu'il n'y avait "pas de couac " , et que les propos de Ségolène Royal "étaient sa position ". Sur son compte Twitter, la ministre a par ailleurs indiqué qu'un rapport serait rendu dans quinze jours sur le sujet.

La nouvelle a été accueillie différemment par les acteurs de la question : l'ONG Réseau Action Climat a déploré que cette déclaration arrive "un jour seulement après avoir pris la tête du ministère de l'Ecologie ", et rappelle que "le coût des externalités du transport routier est supporté par la collectivité toute entière " en attendant le mise en place de cette taxe. De son côté, Christian Troadec, le maire de Carhaix et leader des "bonnets rouges" a affirmé : "nous restons prudents, nous réclamons la suppression de l'écotaxe ". 

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