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Environnement

En France, 15% des espèces de flore sauvage sont menacées

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Par , France Bleu

Nos plantes sont en danger. En France, 15% des espèces de flore sauvage sont menacées de disparition révèle l'Union nationale pour la conservation de la nature (UICN). Une situation inquiétante principalement liée aux activités humaines.

 L'anémone sauvage, autrefois répandue dans les champs des Landes et de Gironde, est décimée par les herbicides.
L'anémone sauvage, autrefois répandue dans les champs des Landes et de Gironde, est décimée par les herbicides. © Maxppp - Christian Watier

Urbanisation, pratiques agricoles, pesticides, pollution : 15% des espèces de flore sauvage de France métropolitaine sont menacées de disparition, une "situation préoccupante", principalement liée aux activités humaines. C'est la première fois que le risque de disparition de l'ensemble de la "flore vasculaire" (qui possède des vaisseaux permettant la circulation de la sève, ce qui exclut les mousses et les algues) est évaluée en métropole selon les critères de la liste rouge de l'Union nationale pour la conservation de la nature (UICN). 

742 espèces risquent de disparaître 

"Cela fait plusieurs dizaines d'années qu'on constate la régression de la flore sauvage dans le pays. Ça confirme ce que tout le monde avait ressenti sur le terrain", indique à l'AFP Frédéric Hendoux, directeur du Conservatoire botanique national du Bassin parisien.

742 espèces, soit 15% d'entre elles, "encourent un risque de disparition", classées menacées ou quasi-menacées. Et 97 d'entre elles sont endémiques à la métropole française, c'est-à-dire qu'on ne les trouve nulle part ailleurs au monde. Cette première liste rouge de la flore sauvage métropolitaine compte 51 espèces en "danger critique". Comme la Saxifrage de Gizia endémique du Jura, avec ses fleurs blanches ou jaunâtres à l'odeur musquée, ou le Panicaut vivipare, victime de la disparition des milieux humides du Morbihan où pousse cette petite plante à fleurs bleues.

Une pivoine "vulnérable" 

Comme 132 espèces, l'astragale de Marseille, typique des garrigues littorales, est classée "en danger", en raison notamment de la surfréquentation du bord de mer. La pivoine mâle, avec ses fleurs roses remarquables qui fleurissent une semaine par an dans les sous-bois, est elle "vulnérable", en raison notamment de la déforestation.  Au total 312 espèces sont, comme cette fleur convoitée des collectionneurs, classées "vulnérables". Et 321 sont "quasi-menacées", comme l'adonis couleur de feu, l'anémone sauvage ou encore la linaire effilée, autrefois répandue dans les champs des Landes et de Gironde mais décimée par les herbicides.  Et 24 autres sont d'ores et déjà éteintes ou ont disparu de métropole, comme l'endémique violette de Cry, qui n'a plus été observée depuis 1927.

L'être humain, premier responsable 

"Ce taux de régression et de disparition est directement lié aux activités humaines, avec deux grandes causes principales ces dernières décennies: la mutation agricole _(...) et la perturbation des milieux naturels par l'urbanisation et l'aménagement du territoire_", comme les routes ou les pistes de ski, insiste Frédéric Hendoux.

Malgré tout, "il est encore possible d'agir", souligne le communiqué, évoquant des espaces protégés ou le développement de banques de semences et de mises en culture de plans.  "Mais pour assurer leur succès, ces actions devront s'accompagner d'une prise de conscience de chacun et d'une évolution profonde des pratiques de notre société", insistent les experts.